POUSSIERE
OU de la cupidité ? Quelqu'un viendra demain, qui dira aux anciens : Vendez vos maisons, vos églises, vos cimetières, et allez-vous-en !
« Certes î le Français sera bientôt plus artificiellement établi sur son sol illustre que TAméricain sur sa terre sans passé. La fureur de changer et d'abjurer nous dissout en poussière.
« Quel vent soulèvera cette poussière ? De quelle eau ou de quel sang sera-t-elle mouillée, de quelles mains pétrie, afin qu'elle redevienne chose solide ? — Il y a sur la terre un vent de mort et un fleuve de vie.
« Le vent de mort agite les peuples, comme le vent du désert agite les sables pour les rendre perpétuellement arides. Il s'appelle PEsprit moderne ; il est le mensonge de Satan, murmuré à l'orgueil crédule de Thomme le lendemain de la création.
« Le fleuve de vie a coulé mystérieusement dans le monde comme la promesse et la vérité de Dieu. Grossi du sang d'Abel, à travers la terre dominée par les fils de Caïn il a porté la tente des Patriarches ; il s'est retrouvé pur quand les eaux du déluge ont été séchées.
<t II a porté Moïse ; il s'est caché sous les voiles
du Temple et enfoui comme PArche ^ puis, avec le sang du véritable Abel, il a jailli du sommet du Golgotha, pour couler désormais sans mystère.
« Nous savons le nom du fleuve de vie ; nous savons quel canal le porte du Golgotha, sa source profonde, au Vatican, d'où il s'épanche à jamais ; et nous avons vu ce qu'il a fait sur la terre, où la postérité de Caïn, toujours puissante, a vainement essayé de le tarir.
« C'est lui qui, circulant à travers les poussières dispersées par le vent de mort, leur communiquera la stabilité et leur rendra la fécondité. Nos enfants salueront ce miracle.
« Nous voyons tout mourir, ils verront tout renaître-, et la foi dont les remplira cette merveille remplacera par des œuvres plus grandes celles qui périssent aujourd'hui pour notre châtiment. »