‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 13 sur 230 · POUSSIERE · texte numérisé non relu

POUSSIERE

L'ami qui nous conduisait dans Marseille nous dit : (c Je ne veux pas gémir sans cesse sur le spectacle du monde, ni maudire les œuvres étranges de ce temps, ni annoncer qu'il n'en résultera nul bien.

(( Dieu agit pour ses enfants et pour sa gloire, par les mains de ses ennemis. Il prépare des choses que j'ignore et qu'ignorent davantage ceux qui les font, ouvriers misérables, négateurs de la Providence.

(c Dans ce tourbillon qui remue tout, qui déplante les populations comme il rase les maisons et déplace les villes, il y a du mal en abondance ; l'œil fidèle y découvre aussi du bien.

't Les navires emportent toujours plus de missionnaires. C'est toute une Eglise qui part : l'éveque, les prêtres, les vierges. Aux austérités du voile, les vierges ajoutent les labeurs de Tapostolat.

« L'ardeur des pèlerinages se ranime pour la Palestine; le chemin de Rome est vivant. Qui sait ce qui nous revient de lumière, chaque jour, du tombeau de Pierre et du tombeau de Jésus ?

(( Oui, c'est chose amère de n'avoir plus sous les pieds qu'un sol fuyant ; de voir autour de soi tout crouler, disparaître; d'être désormais, au milieu de la patrie, un exilé qui ne reverra plus la patrie î

« J"erre dans ma ville natale, et je ne la retrouve pas. On a changé de place les autels, déménagé les tombeaux. La voie publique passe sur la maison où mourut mon père, où naquirent mes enfants.

« On a fait sauter les rochers, on a pavé les champs où je cueillais des fleurs *, je ne vois plus rien de ce que mes yeux ont aimé : rien ne reste de ces traits qui étaient le visage charmant de la patrie.

a Des nouveaux venus remplissent cette ville nouvelle. Plus de communs sentiments. Les freins ont remplacé les mœurs. Au lieu des patriciens qui dirigeaient, des employés qui commandent !

(f Et partout ! Quelle ville est à Fabri de la force

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