‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 143 sur 230 · LA MARSEILLAISE DE FRA GAUDENZIO · texte numérisé non relu

LA MARSEILLAISE DE FRA GAUDENZIO

desquels ils ont sacrifié leur vie, les saints autels sont debout.

Ils ont reçu la couronne de vie au ciel; ils portent sur la terre la couronne de gloire. Les autels sont debout. Les Saints ont vaincu le monde.

Ce qu'ils ont pu faire, pourquoi nele ferions-nous pas? Dieu donnera sa force et sa lumière; nous donnerons notre sang.

Ourdissez vos ruses, aiguisez vos glaives : nous avons du sang à donner ! Vous ne savez pas ce que pèse une goutte de sang.

Si vous ne clouez pas nos lèvres, nous parlerons; si vous nous emprisonnez, nous avons la prière," et les barreaux parleront.

Que notre sang coule. Dieu le ramasse et le suspend sur vous. Il en laissera tomber une goutte, elle noiera vos armées.

Le reste, il le gardera dans le -trésor de ses indulgences, et r Eglise y puisera pour détourner la colère divine et sauver vos enfants.

livrl; VIII. — chapurf.

DEUX JEUNES FILEES.

« Vita délia giorinetta Albixa Gelosi, cui si (( aggiiinge una mcmuria délia privilegiata morte (( délia giovinetta Gareottina Olivieri, entrambi (( ediicande nella pia casa délie Suore Maestre di c( S, Dorotea in Roma, »

Cette petite histoire de deux écolières est une vraie fleur romaine. En l'analysant, je garderai la couleur de ces sortes d^écrits, et nous aurons une idée de Téducation des couvents.

Dans la noble cité de lesi, la pure et aimable Albine eut son berceau. Elle naquit le i'^'" décembre de Tan de grâce i836. Son père Antonio, et sa mère Maria, chrétiens de ce petit nombre qui dans le temps présent sont encore à l'image des temps anciens, voulurent qu'elle fût régénérée par le saint baptême le même jour.

Dl-L'X jr.lNES FILLKS.

Avec un soin tendre, ils commencèrent d'élever leur très-chère fillette, s"étudiant à la faire grandir en bonté et à lui inspirer la crainte de Dieu. Ils voulaient que, par une affection sucée avec le lait, elle aimât déjà la vertu, lorsqu'elle arriverait à l'âge de raison.

Heureux les parents qui savent diligemment remplir le devoir que leur a commis le Seigneur î Car, nous dit saint Basile, la vertu est ce chemin qui gravit vers le sommet de la montagne. Au commencement, étroit, rude, embarrassé d'épines ; à mesure qu'il monte , plus facile ; et enfin mille odeurs suaves de plantes et de fieurs le rendent délicieux.

Tel fut le sort gracieux de notre Albine : entre les bras de ses pieux parents, elle se trouva quasi portée sur ce chemin de la vertu, où, joyeuse et enflammée, on la vit courir toujours plus avant.

Cette âme fut tout de suite charmante. Albine possédait les plus aimables dons que Ton puisse désirer à un noble enfant ; prompte, ingénue, modeste, causante, incroyablement attentive à procurer le bien d'autrui.

Elle rendait siens tous les intérêts de ses compagnes. Si quelqu'une s'attirait des réprimandes,

5o iJVRr: viii. — chapitre. Ia.

elle s'interposait, pressant la maîtresse de pardonner, et rélève de promettre qu'elle essayerait de ne plus faillir. Souvent elle prit à son compte le châtiment qu'une autre avait mérité.

Elle voulait se rendre agréable à toutes, les plaignait, les aidait, les récréait. S'il arrivait qu'elle en blessât une par quelque parole piquante, elle entendait l'avertissement de l'Esprit saint, et ne laissait point coucher le soleil qu'elle ne fut réconciliée.

En son obéissance amoureuse et parfaite , elle agissait par un principe de foi ; car le naturel la portait plutôt à résister. — Elle demandait spécialement le don de l'obéissance, qui introduit et maintient dans l'âme humaine toutes les autres vertus. Albine voulait faire promptement tout ce qui lui serait commandé.

Ainsi elle s'élevait chaque jouri Mais pour dire quelle force opérait en elle ces vertus toujours grandissantes, c'était le fruit de l'oraison. L'on peut dire que Toraison de cette enfant ne cessait pas. Sa prière commençait avec le jour, et les occupations du jour ne l'interrompaient point.

A son réveil elle saluait le Père céleste. En qualité de fille et servante, elle lui offrait d'avance les

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