‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 176 sur 230 · I. ACADKMIF. Df: FKANCli · texte numérisé non relu

I. ACADKMIF. Df: FKANCli

du Sacré-Cœur, qui viennent de chez nous. Ces nobles femmes travaillent à former des chrétiennes.

C'était un des vœux de César Balbo et de ces honnêtes esprits qui rêvaient pour F Italie un progrès si différent des écroulements où elle se précipite.

Balbo trouvait que l'Italie n'avait plus assez cet objet de respect et d'amour : la femme cultivée dans la lumière catholique. Il espérait que les religieuses de France feraient à Tîtalie cet incomparable présent.

Pauvre Balbo ! A la place de la chrétienne qu'il attendait et qui commençait à fleurir, Fesprit moderne donne à Tltalie la ^aribaldienne. Ce n'est pas la même chose !

L'autre établissement s'appelle l'Académie de France. Notre Institut essaye à Paris des jeunes gens, peintres, statuaires, graveurs, musiciens. Il envoie à Rome les plus vaillants pour être perfectionnés. Perfectionnements en petit nombre, et petits, petits, petits î

Les élèves de l'Académie de France habitent un palais magnilique sur ce beau site baigné de soleil. Ils sont entourés de chefs-d'œuvre vivants et de ruines éloquentes ; ils savent le métier. Mais

l38 LIVRE IX. — CHAPITRE XXIX.

ce n'est pas tout de savoir le métier : il faut être né pour la chose

Ce n'est pas tout d'être entouré de chefs-d'œuvre, il faut les voir*, ce n'est pas tout d'être entré à récole, il faut en sortir-, ce n'est pas tout d'habiter Rome, il faut cesser de regarder Paris. Rares sont les élèves de l'Académie de France qui peuvent perdre l'accent de Paris et faire autre chose que c( l'article Paris. »

LE REALISME.

Parcourant ces merveilles de la peinture et de la sculpture étalées partout dans RomxC, je me disais : — Hélas! hélas! que je vais mépriser les chefsd'œuvre de la prochaine exposition !

Il faut bien l'avouer^ je ne peux faire ici un pas qui ne me hausse d'un degré, souvent de plusieurs, dans le mépris des idées modernes , des chefsd'œuvre modernes, des temps modernes.

LE REALISME. I .->q

Je méprise immensément, je sens que je méprise

jamais cet orgueilleux vulgaire qui nous inonde

e Tabondance de ses produits moulés, cou'.és,

larqués au même coin de bassesse et de laideur.

Coquelet me dit sans cesse qu'il est de son i^mps, qu'il faut être de son temps, que je ne suis •as de mon temps. Il ajoute que la religion devrait e rendre de son temps. — O Coquelet! si tu te ■oyais de mes 3'eux !

Coquelet ne veut pas avoir d'ancêtres. 89 l'ennuie )ar son antiquité. i83o, voilà sa date. En i83o, le nonde est devenu sage. i83o « a vaincu le despoisme sans tomber dans Tanarchie. »

i83o a fait la politique comme il faut, la religion ;omme il faut, Fart et la littérature comme il faut, foutes choses ont été faites, refaites, établies en [83o comme il faut. — Non, rien n'égale l'orgueil le cet imbécile î

Au fond de Tàme , Coquelet préfère Monsieur ^lourbet à Raphaël. « C'est plus vivant, » dit-il. — Effro3^able niais, sais-tu seulement ce que c'est lue la vie !

Il est réaliste, Coquelet! Réaliste et fantaisiste. Il lime qu'on lui peigne des casseurs de pierres, des

Page 1