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140 LIVRi; IX. — CHAPIIRE XXIX.
croque-morts, de vils ivrognes dans un sale cabafcv* c ^ ret. Il dit : » Comme c'est cela ! »
Il goûte aussi les sujets tirés de Faust. Méphistophélès le charme particulièrement. Jusqu'ici, j'ai volontiers un peu admiré le poème de Gœthe^ mais il y a quelque fond de sottise là dedans.
Coquelet sent le style d'une certaine manière qui est à lui, qui est de son temps : il en a horreur. Il est gêné, il souffre, il s'éloigne quand le style apparaît; il demande autre chose, et il a fabriqué un mot pour cette chose.
Un jour, il m'a dit : — « Enfin, tous vos grands peintres, à commencer par Raphaël, ils m.anquent de cachet!
'-V-., .i « C'est beau, si vous voulez: mais c'est
^ trop beau. Vous avouerez bien que nous ne som-
fco^-v< mes pas si beaux que cela! Nous n'avons point
ciAMC*^ . ces poses pompeuses, ces gestes nobles, cette
^'^ ^v'cti ' manière de marcher sans toucher terre .^' a j
^&'»' i< Toujours du beau et rien de joli! On ne trouve pas dans tout Raphaël un minois de femme un peu piquant. Pour moi, je me sens incapable d'aimer une femme de Raphaël. .>
LK REALISME.
Il appelle cela aimer! Il dit tranquillement ces >rutalités énormes. — Au fond, Coquelet, ce que eus reprochez à ces grands peintres, c'est qu'ils le vous débauchent pas.
— Voilà de vos exagérations î Mais ne convenezous pas que l'art doit parler aux sens, et qu'il e trompe lorsqu'il ennuie ? — Allez voir la Farnéine. Là, Raphaël vous pourra contenter.
— Je Tai vue. Ce n'est pas encore assez amuant. Il n'y pas de bacchanale; le vin de Chamagne n'a point passé par là. Cet Olympe n'a jalais dansé un galop. ^' ^
Telles sont les idées de Coquelet. J'en ai pris ce requis avec répugnance, au profit des modernes ^ ,. ui seraient tentés d'orgueil en considérant leur , ' <f^
Noble terre romaine I Le réalisme n'y a pu prenre. Plusieurs peintres, non des moindres, ont esayé d'implanter cette infection. Le Dominiquin, en ai regret, a fait une tentative particulièrement lalheureuse.
C'est à Saint-Louis des Français, dans la chaelle de Sainte-Cécile. La scène de la Mort est ma-
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jestueuse; celle du Jugement faiblit-, la troisième, Cécile distribuant ses biens aux pauvres, est néfaste.
Le réalisme y coule à plein, et, comme toujours.
le réalisme est ici le contraire de la vérité. Au lieu
,>' -'- de pauvres, le peintre nous montre des gueux qu
'^^' iT s'injurient, se narguent, se volent et se houspil-
^ lent. r, .
La haine du pauvre respire dans cette scène
Difficilement on pourrait imaginer quelque chos de plus inintelligent , et, vu le lieu et le princi pal personnage, de plus indécent.
Certes, tels ne furent point les pauvres dans 1 primitive Eglise , les premiers-nés du Christ r avant-garde des martyrs, ceux qui veillaient su le Pape fugitif, ceux que Cécile appelait ses frères
Jamais , aux époques antérieures , un peint n'eût ainsi avili et la sainte pauvreté et le lie saint.' Dans la chapelle de Fra Angelico, au V; tican, les pauvres qu'assiste saint Laurent soi des membres souffrants du Christ.
Je ne comprends pas comment le Dominiqu a fait une telle faute, ni comment les donateuj de la chapelle et le clergé ont pu l'accepter. To