GODARD ET BIDARD. ID
parler très-haut. Le fusilier Bidard dit au caporal Godard :
(( — Voilà donc ce fameux Avant-train! Ils ont mis là haut des églises comme partout, je le parie. Chez nous, ce serait la place d'un fort détaché.
c( Autour du fort détaché, pousseraient naturellement des guinguettes. Le soldat pourrait s'y reposer et divertir. Il y viendrait des dames.
« On ouvrirait des boutiques, on établirait un omnibus. Peu à peu ça ferait une population. On aurait un quartier agréable , au Heur d'un sale désert. »
Le caporal répondit : « — Tu es bon , toi ! Tu crois qu'ici Ton songe à l'utilité et à Tagrément. Ici, les curés gouvernent. Ils ont abruti le peuple.
(( Cherche. Tu ne vois pas de bastringue chantant ni dansant, pas de casernes, pas même de sergents de ville. Ici, ils sont en retard de deux siècles au moins.
(( — Vous dites deux siècles , capYal ? je dis deux siècles au moins. » Il y eut un silence. I Bidard reprit :
lOo LivRi: iK. — chaphrk xxxiv.
c( — Deux siècles, qu'est-ce que ça pourrait bien faire, cap'ral..., sans vous commander? » Godard réfléchit à son tour.
c( Nous disons deux siècles ? — Oui, cap'ral ; vous Tavez dit. — Et je ne m'en dédis pas. Ils sont en retard de deux siècles au moins. — Et ça fait r
(( — Ah î dame I ce que ça fait ? Ça fait
pas mal de temps ! Et oblige-moi de ne pas questionner ton supérieur 1 »