‹ Le parfum de Rome (volume 3)Chapitre 199 sur 230 · LA GRACE DU MARTYRE · texte numérisé non relu

LA GRACE DU MARTYRE

Boniface était le chef des soixante-quatorze in tendants qui gouvernaient les domaines d'Aglaé lille de proconsul ; imilier magna, disent les Ac tes, grande dame, et grande dame dans Rome situation dont nous avons peu l'idée. Agîaé étai chrétienne de nom, païenne en effet.

Jeune, belle, hardie, elle jetait ses riehesses e son âme. Elle avait donné trois fois des jeux pu

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blics. Elle cherchait toutes les voluptés de la vie ît toute la pompe des voluptés. Boniface était >on complice -, chrétien comme elle , et comme îlle oubliant Dieu.

Du moins, elle et lui voulaient oublier , mais Dieu ne le voulait pas. Il ne leur permettait pas ie l'enfouir dans Toubli. C'était au temps d'A- ;nès, vers 007. La persécution sévissait en Orient. S. Rome, elle avait cessé, mais le sang des maryrs rougissait encore le pavé de la ville.

Quelques gouttes de ce sang avaient rejailli sur es cœurs les plus endurcis par les délices du nonde et les rouvraient à Jésus-Christ exilé. Qui l'a senti cette pointe vengeresse et miséricordieuse, :ette blessure triomphante ?

Qui heurtera les seuils d'Agnès, de Cécile, de Bibiane, de Martine, qui suivra la voie Sacrée, jui franchira l'entrée de l'Amphithéâtre et pourra l'être point réveillé, ne point pousser un soupir, ne point demander que Dieu Tarrache tout-àfait du sommeil?

Qui n'a gémi de profaner par les oublis du monde, et ce sol que les martyrs ont foulé, et cet air encore plein de leur souffle, et cette liberté

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que leur sang généreux a conquise pour nous aider à servir Jésus-Christ ? Qui n'a senti la meurtrissure et la morsure des liens de fleurs ?

Qui, même enivré et vaincu, n"a pourtant rendu cet hommage au Crucifié, ce témoignage à ses témoins? Le sang des martyrs ravive la grâce du baptême; la grâce du baptême crie en nous. O Dieu des vierges, secourez-nous ! O vierges de Dieu, priez pour nous î O Christ, fais triompher ton sang répandu pour nous !

Captif de la volupté, troublé en son âme, Boniface essayait de se racheter par des œuvres de compassion. Il assistait l'étranger, il allait la nuit à la recherche des pauvres et leur donnait secours. Au milieu de ses splendeurs souillées et devenues pesantes, Aglaé pleurait.

Dieu voulait davantage, et sa miséricorde persécutait ces âmes dont il voyait encore la beauté contaminée et quasi perdue. Aglaé dit à Boniface : « — Nous sommes pécheurs , nous vivons dans le crime et il faudra rendre compte à Dieu. Ami, j'ai peur du jugement de Dieu!

i( Or, j'ai ouï dire que si quelqu'un honore ceux qui souffrent pour le nom de Jésus-Christ, il aura part à leur gloire; et je sais que les ser-

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