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l'Allemagne, même de Russie. -— La Russie, ce ;ouvernement de fraude et de tyrannie, attaquer e gouvernement pontifical et lui reprocher de vouoir ramener le monde en arrière !
ce Oui , a repris le Saint-Père, nous sommes lans un siècle audacieux : le siècle des chemins le fer. On se presse, on marche vite... et l'on iiarche mal ! » Ces derniers mots ont été dits avec me grande expression de tristesse, mais qui pourant n'a pas effacé Tangélique et victorieux sourire iu Saint. Il a continué :
(( Le Saint-Siège tâche de contenir cet élan désordonné et de rester dans la droite voie. Le temps est mauvais. Les esprits s'égarent facilemicnt ; les meilleurs sont atteints, disposés à se précipiter vers des compromis chimériques ou funestes. C'est une disposition quasi générale à changer ce que Dieu a établi par la main des siècles. On prétend faire mieux, mais on ne fera pas mieux, et Dieu sait si l'on désire faire mieux!
« Le Pape, ou doit être dans les Catacombes ou doit régner : je ne tiens pas pour moi à l'éclat du pouvoir temporel. Je crois savoir que je ne suis pas Pape pour être entouré de ma pauvre cour et me promener à quatre chevaux.
(( Quel prix puis-je attacher à cela ? Ce dehors est « une place assignée au chef de F Eglise, comme '< les yeux ont leur place dans le corps humain. « Il en doit être ainsi , parce qu'ainsi le veut (( Tordre ; et ceux qui prétendraient ne vouloir ce que changer les yeux de place voudraient en (( réalité arracher les yeux.
« Je maintiens le pouvoir temporel et je le dé- « fendrai au péril de ma vie, parce que le pouce voir temporel est nécessaire à la pleine liberté « de TEglise, et la pleine liberté de TEgHse né- (( cessaire à la société catholique et à tout le (( genre humain. Si le Vicaire de Jésus-Christ (( doit redescendre dans les Catacombes, ce sera « par rimpiété de la force, pour le malheur des « hommes. Alors Jésus-Christ aussi descendra (• dans les Catacombes, et avec lui la liberté. Dieu « ni la liberté ne seront plus sur la terre. Sans (( doute, un jour, Tordre sera rétabU*, mais au (( bout de combien de temps, et au prix de quel- « les catastrophes ! »
Un incident de la conversation y amena le sou" venir de ce fameux enfant juif, baptisé en péril de mort par une servante chrétienne, et à cause de cela retiré des mains de ses parents pour être élevé aux frais du Saint-Père dans la connaissance de Dieu.
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Le Saint-Père daigna me dire qu'à travers le bruit que firent à cette occasion les libres penseurs, disciples de Rousseau et de Malthus, nous avions bien soutenu la cause et le droit de l'Eglise. Il s'étendit sur la déplorable ignorance qui s'était révélée en beaucoup de chrétiens, comme s'ils ne connaissaient plus le caractère, les obligations et les privilèges divins du baptême.
(( On a, dit-il, mis en avant beaucoup de mente songes, de faits inexacts et de doctrines erro- « nées. Les ministres de diverses puissances n'ont « guère différé des journalistes. Il y a eu nomfc bre de propositions inutiles et qui trahissaient « rignorance de ceux qui les faisaient, sans parte 1er des démarches qui n'avaient pour objet que « d'ameuter l'opinion.
(( La force n'a pu se procurer le triste avan- « tage qu'elle prend souvent dans les affaires de c( ce monde. Si un souverain très-puissant vête nait dire au Pape : Payez-moi plusieurs mil- « lions î le Pape, pour éviter de plus grands « malheurs, se laisserait dépouiller, demandant « à Dieu de n'exiger pas plus tard du spolia- « teur un compte trop sévère.
<c Mais quand on dit au Pape : Livrez-moi « une âme! toute la force du monde ne saurait
àbO LIVRE XI. CHAPJTRE V.
« obtenir son consentement, et il n'y a point de cf péril qui le fasse céder, parce que le Vicaire « de Jésus-Christ n'a rien de plus précieux que « les âmes qui appartiennent à Jésus-Christ. »
Je cherchais quelque consolation, le Saint- Père me l'a donnée. Elle était dans la sérénité invincible de son regard autant que dans ses paroles.
(( Je vois le péril, je vois les canons braqués, (t je vois l'aveuglement des hommes, plus déso- (' lant que la méchanceté de quelques-uns, et (( ces méchants aussi ne savent ce qu'ils font; « je vois l'hypocrisie, et c'est là ma douleur.
ce Mais, en même temps, je vois que Dieu, qui (f ne dissipe rien, répand à profusion dans TE- « glise la force de la prière. La force de la prière (( aura son effet, et quel peut en être l'effet, si- « non la splendeur de PEglise! »
Le Saint-Père croit à une catastrophe signalée^ et cette catastrophe sera dans Thistoire une démonstration de la divinité de TEglise. Il s'attend à tout du côté de ses adversaires, il ne compte sur rien du côté de ses amis-, il ne doute pas de l'assistance de Dieu.
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Le Saint-Père se sent atteint, si je puis parler ainsi, de la maladie des Papes, la maladie des Catacombes. Il sait que les Papes n'en meurent pas. La splendeur de la croix égale la splendeur du trône.
Captif d'Hérode, condamné, à la veille du jour fixé pour Texécution, Pierre a dénoué sa ceinture, et il dort, ou plutôt il veille, lié entre deux soldats. Combien durera la veille? Cela: regarde Dieu. Quand le moment sera venu, apparaîtra le messager qui passe à travers les portes des prisons : Siirge! Alors Pierre se lèvera, il fera ce qui lui sera commandé.
Rien n'est beau, rien n'est grand sur la terre comme ce seul homme désarmé contre qui tant de puissances s'élèvent, qui les tient en échec et qui ne sera pas vaincu. Rien n'est beau comme ce spectacle de la foi dans le désastre des choses humaines; rien, si ce n'est le spectacle de Thumilité dans cette assurance de la foi : « Si je m'appuyais en moi-même, dit le Saint-Père, je tomberais -, mais c'est en Dieu que je m'appuie. »
Voilà le grand spectacle de Rome, ce sépulcre plus brillant qu'aucun lieu éclairé du soleil.
ce sépulcre d'où jaillit la vie. C'est ici, c'est ici que rhomme se connaît fils de Dieu et vainqueur de la mort:
Dans cette ville du pardon, ainsi que Notre- Seigneur nommait Rome en parlant à sainte Brigitte ; dans cette ville du pardon, sous cette main qui délie du péché, là nous voyons bien la rage et nous sentons bien Timpuissance de Satan. Satan n'établira rien de durable et n'emportera que ce qui veut être à lui.
Qu'ils enferment le Pape et Jésus-Christ et la liberté dans les Catacombes, et qu'ils bâtissent sur ce volcan : le volcan éclatera, quand même ils l'auraient chargé du poids du monde.
Quelle grâce pour nous, mon frère, étant fils de cette époque, nés dans ses ténèbres, poussés en ses chemins mauvais, quelle grâce et quel sujet de joie éternelle, de nous trouver pourtant du côté où nous sommes-, d'être enfants de la sainte Eglise, de la connaître, de Taimer, de partager ses douleurs, de vivre de ses espérances!
Quel privilège d'avoir pour chef Pie IX, d'être entièrement et uniquement avec lui qui est
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avec rassemblée des Saints de tous les temps, et comme eux avec Jésus-Christ lui-même; d\v être à ce point d'espérer que nul coup ne Tatteindra dont nous ne recevions notre part !
Pour moi, je persiste à croire que tout ceci est le début tumultueux d^une grande ère de la Papauté. Je crois que le monde ne pouvant vivre sans autorité, il viendra chercher Tautorité à sa source ici-bas, qui est le Saint-Siège.
Quoi que fasse la ruse, et la force, et la sagesse mondaine. Tordre ne sera jamais que le respect de tous les droits -, et, pour établir l'ordre, il faudra commencer par une affirmation solennelle de la Papauté, qui est le droit de Dieu. Il faudra reconnaître que Pierre, Vicaire de Jésus-Christ', aîné et chef de la famille humaine , est le vrai consécrateur du pouvoir humain.
Quand tous les essais auront été tentés, et quand ces essais auront tout broyé et que le genre humain sera devenu le jouet sanglant et déchiré de la force, c'est à Pierre qu'il demandera de lui rendre l'Autorité. Le Pape restaurera la monarchie ou il organisera la démocratie, et de toute manière la Papauté sera ce qu^elle est, la tête du monde, - ou le monde décapité périra.
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-Mais, dût le monde s'acheminer au dernier terme et en être déjà voisin, et n'avoir plus un moment de répit-, et quand les horribles péripéties de la catastrophe finale devraient remplir ce qui nous reste de jours :
Bénissons Dieu plus tendrement de n'être pas ceux qui triompheront dans cette agonie des choses saintes; d'être, au contraire, ceux qui les pleureront et les honoreront jusqu'à la mort. Ainsi nous aurons le meilleur lot de la mort, après avoir eu le meilleur lot de la vie.
Ainsi nos ^^eux seront consolés et ravis par le beau visage des Saints, et leurs regards amis se tourneront vers nous comme un rayon du soleil éternel; et quand ils seront dans leur royaume, ils se souviendront de nous.
Nous aurons souffert pour la justice, mais nous aurons cru, nous aurons admiré, nous aurons espéré, nous aurons aimé.
^ ce Bienheureux ceux qui souffrent pour la justice, parce qu'ils auront le royaume des deux. )> — O Vérité éternelle, vous donnez plus que vous n'avez promis : car déjà ceux qui aiment la justice et souffrent pour elle, possèdent icibas l'amour !
Alléluia.