L EMPEREUR CATHOLIQUE
Dans une des chambres du A^atican j'ai vu la figure de Charlemagne : Carolus Mjoiuis, Romance Ecclesiœ ensis clypeusque. Epée et bouclier de TEglisc romaine, de T Eglise de Jésus-Christ ! — Je peux dire que cette inscription à la détrempe , dans un recoin du Vatican, m'a fait comprendre la gloire.
Parions encore de Charlemagne. A Rome , il est très-vivant. Les rapports de Charlemagne avec le Pape Adrien sont un épisode charmant de l'histoire. Ils donnent bien la stature de Charlemagne, parce que Ton y voit son humiHté. Un héros, un conquérant , un empereur humble , voilà qui sort tout-à-fait des proportions humaines. Napoléon P'", haute figure, se laissait traiter de Charlemagne moderne. Il avait le sens de la grandeur. Néannioins, il rappelle davantage Frédéric, celui que Joseph de Maistre nommait ce un grand Prussien. »
Entre Charlemagne et Napoléon , la différence éclate surtout dans la manière d'aair envers la
Papauté. Charlemagne , arrivant aux portes de Rome après avoir remis saint Pierre en possession de tout son territoire, demandait au Pape la permission d'entrer dans la VûIq. La première dalle de porphyre que Ton rencontre dans la nef de Saint-Pierre est celle sur laquelle Charlemagne s'est agenouillé au seuil de Latran. Le traité de Tolentino n'est pas l'équivalent de ce début, et la suite de Napoléon ne correspond pas à la suite de Charlemagne:
Les lettres de Napoléon à Pie VII, si conciHant, si doux, si désarmé, sont dures, injurieuses même, et menaçantes. La menace ne resta pas sans effet.
Ce fut un terrible incident que le mariage du frère Jérôme avec une demoiselle d'Amérique. Napoléon en demande la rupture. Le Pape nV voit aucun moyen. Napoléon passe outre, démarie et remarie son frère. Charlemagne, à vingt-huit ans^ avait cru pouvoir légitimement répudier Himiltrude et s'unir Hermengarde. Le Pape, gardien des lois saintes, lui enjoint de renvoyer la concubine et de reprendre l'épouse : Charlemagne obéit.
Il est toujours beau d'obéir à la loi divine, et cela est très-beau lorsqu'on aurait assez de puissance humaine pour s'en dispenser. De plus, cela ^st très-sage : car l'obéissance à la loi dispense de l'obéissance à la force. Charlemagne eut l'humi-
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lité d'obéir au Pape, il n'eut pas rhumiliatioii d'obéir aux Saxons.
Gharlemagne n'est pas seulement plus pieux que Napoléon, plus éclairé dans sa foi, plus large dans ses vues et dans ses œuvfes, il est incomparablement plus civilisé. Ses lettres au Pape sont d'une urbanité exquise. Il traçait lui-même le programme des formes dont ses ambassadeurs devaient user envers le Mcaire de Jésus-Christ :
Ayant premièrement salué le seigneur Pape au nom. de son fils le roi Charles et au nom de sa fille la reine Fastrade, au nom des fils et des filles du Roi et de toute la maison royale, au nom des Evêques, des Abbés et des Religieux, et enfin pour l'universalité du peuple des Francs, ils lui diront : « Le Roi regarde comme joie, prospérité et sa- « lut d'avoir mérité de recevoir des nouvelles de « votre santé conservée de Dieu, et de la bonne (( situation de votre peuple, popidi restri. »
Napoléon écrivait à Pie MI : « \'otre Sainteté « est souveraine de Rome, mais feu suis l'empe- « reiir. » Il prétendait avoir hérité ce titre de Gharlemagne î
Ordinairement, Charles demandait des prières pour son peuple et pour lui. Nous avons la réponse qui fut donnée à ses ambassadeurs :
c( Au tr'es-cxcellent seigneur notre fils et com- « père spirituel Charles, roi des Francs et des « Lombards , patrice des Romains, Adrien, « Pape.
(( Nous bénissons Dieu quand nous voyons les « victoires qu'il vous a fait remporter, et comment (( des peuples cruels et ennemis ont été par vous « amenés à la vraie foi de TEglise catholique. i( Par la protection de Dieu et Tintervention des <f apôtres Pierre et Paul, voilà les têtes soumises, (( les chefs subjugués; Finspiration divine et Vo- (( tre Puissance conduisent toute la nation saxonne « aux fontaines sacrées du baptême.
« De plus en plus, nous glorifions donc la di- « vine Clémence, parce que, sous votre règne et (( le nôtre, des peuples païens sont élevés à la (( vraie religion et à la foi parfaite en même ce temps qu'assujettis à vous. Là est le soutien de (( A^otre Puissance fondée de Dieu. Fidèle aux « promesses que vous avez faites à votre protec- (( teur saint Pierre et à nous, et les accomplisce sant d^un cœur pur et dévoué, aidé d'en haut, « vous avez subjugué les plus valeureuses de ces (( nations. Elles se rendent désormais; elles vien- « nent d'elles-mêmes sous votre sceptre. Ainsi, « par le salut de leurs âmes, au jour du jugement, « devant le tribunal du Christ, vous présenterez
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(( de très-dignes olïrandes, vous obtiendrez des (( mérites infinis.
« Pour récompense de ces œuvres, victoires (( de votre persévérance, vous désirez. Excellent « Seigneur, que nous rendions de publiques ac- (( tions de grâces à Dieu , et qu'en une ou deux « fériés nous chantions des litanies solennelles. c( Un tel désir nous est parfaitement agréable. « En conséquence, donnant un ordre apostoli- « que en toutes les contrées qui sont soumises à « votre mère , la sainte Eglise Romaine , nous (( avons décrété que Ton prie avec nous, sous ce la protection de Dieu, en la vigile du bienheu- (( reux Jean-Baptiste, en la fête des saints mar- (( t3'rs, et en la vigile du bienheureux Pierre. a Qu'en cette même forme, votre Puissance donne (c ordres en toutes les contrées transmarines où « demeure une nation chrétienne , afin que ces (f litanies de trois jours y soient célébrées. Nous « avons déterminé cette mesure de temps pour c< les chrétientés lointaines placées hors de votre « domination.
(( Quant à nous , non-seulement nous avons (( réglé de célébrer ces jours de supplications, (( mais selon notre usage, désirant prier sans in- (( termission pour Votre Excellence, nous avons (( résolu de composer des louanges au Rédemp-
(( teur du monde, afin que les nations qui ont (( été amenées à la foi par vos batailles y restent « toujours par votre soutien, et que Dieu écarte u de vos possesions et des nôtres les maladies et « la peste-, de telle sorte qu'en vos jours et duce rant les nôtres, le peuple qui nous est confié (( vive en grande abondance, joie et prospérité, « et que vous-même, Roi, et votre reine et vos i< nobles enfants, jouissant d'un long règne ici-bas, « vous méritiez un règne sans tin dans les célestes^ « demeures. Et puisse, par vos laborieux combats, (^ votre mère la sainte Eglise être de plus en plus « exaltée ! »
Ainsi s'écrivaient le grand Roi et le grand Pontife; et les victoires de la nation des Francs étaient un motif d'actions de grâces pour tout ce qu'il y avait de chrétiens sur la terre. Le Pape ordonnait de prier pour le roi Charles, même aux peuples qui n'étaient par de sa domination. C'est qu'en effet le héros de l'Eglise était le libérateur de tous. Ses lois, inspirées du Christ , soulageaient les corps du poids de la servitude, les âmes du poids de Terreur \ son épée , qui renversait les idoles, gardait au loin les nations qui ne lui appartenaient pas.
Lorsque le saint Pape Adrien passa à une meilleure vie , le roi Charles voulut écrire son
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épitaphe. Il composa un petit poème en vers qui fut gravé sur la pierre et conservé dans la basilique du Prince des Apôtres.
La noble pierre ne fut pas enfouie dans les cryptes de la basilique rebâtie, avec d'autres débris de l'ancien édifice. Elle est encadrée sous le vestibule, à main gauche, non loin de la Porte- Majeure.
Lisons cette pièce, où respire un si grand et si tendre cœur, où Thumilité et la foi parlent le plus touchant langage, où Tamitié répand de vraies larmes :
(( Ici repose Adrien, Pape bienheureux, le père de « l'Eglise, l'honneur de Rome, son auguste soutien.
« Dieu fut sa vie , la piété sa loi . le Christ sa « gloire ; pasteur apostolique, ardent à toute œuvre (( de bien.
« Sorti de noble race, tils d'une longue suite d'aïeux, « plus noble en ses saintes actions.
(( Son zèle religieux le portait à décorer en tou- « tes contrées les sanctuaires consacrés au Seigneur.
ce II combla de dons les Eglises, nourrit les peu- (( pies par l'enseignement sacré , ouvrit à tous le (c chemin du ciel.
(( Prodigue envers les pauvres, le premier de tous c( par la piété , il veillait la nuit dans la prière « pour son peuple.
« O cité, tête du monde, auguste Rome ! il fut ta (( sauvegarde par sa parole, par ses largesses, par les
a remparts qu'il te donna.
(( La mort, que le Christ a détruite par sa propre « mort , ne fut pas fatale au pontife Adrien ; elle « fut pour lai la porte d"une vie meilleure.
a Moi, Charles, versant des pleurs sur le trépas de c( mon père, j'ai composé ces vers. Tu étais, ô père ! (( ma plus douce atïection. et je te pleure aujourd'hui.
« Garde souvenir de moi ! Mon âme ne cesse de c( te prier, maintenant que, dans la compagnie du « Christ, tu habites l'heureux royaume du ciel.
« Le clergé et le peuple t'aimèrent d'un même (( amour. J'unis ici nos deux noms et nos titres : (( Adrien, Charles; moi le roi, loi le père.
(( Passant qui lis ces vers, je te supplie avec ten- (( dresse, daigne dire : Dieu clément, ayez pitié des « deux î
« Que cette tombe conserve dans le repos tes memf( bres, ô pontite chéri I Que ton ame auguste jouisse f( de Dieu avec les saints.
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« Jusqu'à ce que la dernière trompette fasse re- (( tentir à tes oreilles ces paroles : Lève-toi avec « Pierre, ton prince, lève-toi pour voir Dieu !
Alors tu entendras, je le sais, la voix souveraine c( du Juge : Entre maintenant dans la joie immense (( de ton Seigneur !
« A ce moment, excellent père, daigne avoir sou- (( venir de ton fils. Pense à répondre : Qu'il vienne « avec son père, celui-ci qui est mon fils !
« Monte donc, heureux père, au royaume céleste (( du Christ , et de là répands sur le troupeau le (( secours de tes prières.
« Aussi longtemps que le soleil éclairera le ciel (( de ses feux, ta gloire, ô père saint, demeurera vice vante sur la terre ! )>
L'empereur Gharlemagne avait mandé à sa cour le bon duc Guillaume d'Aquitaine, petit-fils de Charles-Martel , Tun de ses vaillants et de ses pairs , qui dans son empire étaient presque des rois. Guillaume, en vingt rencontres, avait défait les Sarrasins. Riche, magnifique, orné de bonne gloire, il régnait à Toulouse, honoré des peuples, chéri de l'Empereur, aimé de Dieu. A son arrivée, FEmpereur le combla de caresses et de louanges ; et parce que l'on s'aimait dans la mai-
son de Charlemagne, tout le monde en éprouvait de la joie. Pourtant le duc Guillaume avait une angoisse au cœur. Un jour, tremblant, il dit à l'Empereur : « — Seigneur Charles, mon père, écoutez votre soldat :
« Vous savez, seigneur, combien je vous aime et comment je vous ai servi. Vous m'êtes plus cher que la vie et la lumière. J'étais à vos côtés dans les batailles, et partout, lorsque j'ai vu du péril pour votre personne, je vous ai fait un. rempart de mon corps. Mais maintenant le temps des batailles est passé , et je vous demande la permission de servir désormais le Roi éternel. Donc, Sire, mon ami et mon père, laissez-moi aller; car, depuis déjà longtemps, mon vœu est de quitter le monde et de m'enfermer au monastère que j'ai construit dans le désert pour Tamour de vous. ))
Le bon Empereur, surpris, changea de couleur et fut quelques instants sans voix. Puis enfin , poussant un grand soupir : — « Duc Guillaume, vous me percez le cœur 1 Certes, si vous m'aviez préféré un roi ou un empereur quelconque , je le prendrais à injure et je soulèverais contre lui l'univers. Mais vous empêcher de quitter ma milice pour devenir soldat du Roi des Anges, cela, je ne le peux pas. Je vous laisse donc aller et ne
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vous demande qu'une chose : c'est que vous acceptiez quelque présent, pour souvenir de notre amitié. » Ayant dit ces paroles, il se jeta au cou du duc Guillaume et pleura amèrement. Et le duc Guillaume fondit en larmes, voyant pleurer son Roi.
Mais , ramassant ses forces , il dit : — « Que Votre Altesse ne pleure pas ainsi son serviteur. Si j'avais prévu ces larmes, je confesse ma faute, j'aurais pris la fuite sans consulter ni saluer Votre Majesté. Maintenant donc, seigneur, pour mon plus grand bien et le vôtre, commencez vousmême^ congédiez-moi vers notre commun Maître, non avec tristesse, mais avec une joie chrétienne. Quant aux trésors que vous m'offrez, puisque pour la pauvreté de Notre-Seigneur je laisse tout ce qui est à moi, comment pourrais-je prendre ce qui est à vous? Et cependant, s'il vous plaît absolument d'offrir à Dieu quelque chose en ma personne, je vous demande ce morceau du bois très-saint de la Croix, que vous avez reçu de Jérusalem , un jour que j'étais près de Votre Majesté. »
Et le bon empereur Charles, quoiqu'il fût extrêmement attaché à cette insigne relique, la donna aussitôt au bon duc Guillaume, en témoignage de leur perpétuelle amitié, plus durable que la
vie, plus forte que la mort. Et ayant encore pleuré dans les bras Tun de l'autre, ils se séparèrent pour ne plus se revoir qu'au ciel. Le duc Guillaume, humble moine, couvert d'une pauvre bure, monté sur un âne, allait porter la nourriture aux ouvriers du monastère répandus dans les champs. Il est devenu saint Guilhem de Gellone.
Et si Ton peut imaginer une conversation entre Garibaldi, le conquérant de la Sicile, et son roi qui veut se faire donner Rome, on aura quelque idée de la différence des hommes et des temps !
J'ai dit que Charlemagne était Tantithèse parfaite de Néron. L'on peut les comparer dans la personne, dans les œuvres, dans la vie, dans la mort^ partout le contraste éclate. Et Tempire de Charlemagne est aussi Tantithèse achevée de tout cet ordre de faits, d'idées et de choses que l'on appelle le césarisme, et qui fut Tempire de Néron. Charlemagne règne pour Dieu; il est le chef du peuple chrétien et s'applique à le conduire dans la lumière , la justice et la paix. C'est pour Dieu qu'il combat, quil punit, qu'il pardonne, qu'il étudie, qu'il bâtit, qu'il fait toutes choses. Il est pleinement, comme il s^intitulait lui-même, « Roi et î^ouverneur par la
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« grâce de Dieu et le don de sa miséricorde , « dévot défenseur de TEglise de Dieu et son hum- (( ble champion. ^>
Sa mémoire est restée en bénédiction parmi les peuples. Il fut enseveli dans la basilique d'Aixla-Chapelle, — sa maison d'or, — qu'il avait bâtie (( et diligemment enrichie des reliques des saints. » Les pèlerins y affluent de toutes les contrées avec une piété sans cesse entretenue par les faveurs que Dieu accorde à son intercession. Sa fête est célébrée dans la plupart des diocèses d'Allemagne, du consentement de l'Eglise, depuis le pontificat d'Alexandre III, comme celle du principal propagateur de la foi dans le Nord. Ainsi parlent les bréviaires cités dans V Année liturgique du savant Abbé de Solesmes.
Et l'Eglise d'Aix-la-Chapelle chante en face de son tombeau glorieux :
(( Charles est le fort soldat du Christ, le chef de l'invincible cohorte. Il renverse à lui seul dix mille combattants.
« Il purge la terre ; son glaive arrache l'ivraie et affranchit la moisson.
« Voilà le grand empereur, le bon semeur d'une bonne semence, l'agriculteur prudent,
24^ I.IVHKV. — CHAPITRE IX.
« Il convertit les intidèles, il renverse temples et dieux : sa main brise les idoles.
« Il dompte les superbes, il fait régner les saintes lois : mais à la justice il donne pour compagne la miséricorde.
« O roi triomphateur du monde, toi qui règnes avec Jésus-Christ: ô père saint, ô Charles, intercède pour nous :
(' Alin que purs de tout péché, dans le royaume de la lumière, nous, ton peuple, nous devenions habitants du ciel avec les bienheureux ! »
Tel était l'Empereur fait par le Pape, et que seul pouvait faire le Pape. S'il n'y avait plus de Pape indépendant, les peuples du Christ pourraient voir encore des Alexandres, des Césars et des Attilas , mais plus de Charlemagne. Et c'est un point à considérer dans l'étendue de la question romaine.
IN c\THOi,iQrf: i.iRKRxr., 249
l'X CATHOTJQIF TJRFRAI..
Je n'ai pas encore parlé de mon ami Ercole, l'aigle des Romagnes. C'est un Coquelet italien et catholique. Il croit en Dieu et en l'Italie « une et libre. » Il confesse PEglise et le Piémont ; il attend tout du Pape et du roi Mctor-Emmanuel.
Comme patriote, il veut absorber sa patrie dans l'Italie faite à la taille du Piémont. Comme catholique , il veut placer TEglise en l'air , afin qu'elle soit débarrassée du monde, et le monde d'ÉUe, et que tout aille bien.
Pourtant, chrétien et honnête homme, il ne laisse pas de trouver des difficultés au but qu'il se propose. Sa logique est gênée, sa conscience est gênée. Il est gêné par ses sentiments chrétiens, gêné par sa renommée de catholique libéral, glorieuse conquête de mille travaux.
Il vient fréquemment m'offrir la solution du problème, et chaque fois il se retire à peu près sur de ne Tavoir pas trouvée. .Mais il est con-
vaincu que s'il la rencontre enfin , le règne de Dieu sera rialisé la terre. Gela vaut la peine de chercher î
L'Italie une sera la reine du monde, ainsi qu'il est démontré dans la Primato de l'abbé Gioberti-, et tout ce qui prouve le contraire ne prouve rien. Quant à la religion catholique, qu'elle soit délivrée de ses possessions temporelles , et aussitôt elle conquerra tous les cœurs. Ercole n'en veut pas douter.
Ercole exultait ce matin. — « Ah ! ah ! s'estil écrié, me montrant un journal, ecco! Ge que je cherche depuis si longtemps, je le tiens donc! J'ai la formule de mes longs et pressants désirs. » Et il lut : L'Eglise libre dans F Etat libre!
v Voilà, poursuivit-il, l'accord de la religion et de la liberté; le voilà! L'Etat libre devant l'Eglise, TEglise libre dans TEtaf, plus de rapports entre eux que par la liberté, plus de chocs ni de chaînes. Saluons la paix du monde ! »
— Je vous honore, Ercole. Vous êtes un terrible mais honnête garçon. Vous voulez le bien , vous aimez sincèrement la liberté de l'Etat, sincèrement la liberté de F Eglise. Le malheur est