‹ Le parfum de Rome;Chapitre 16 sur 96 · CIVITA-VECCHIA — TRIO DE SERGENTS · texte numérisé non relu

CIVITA-VECCHIA — TRIO DE SERGENTS

Votre bateau à vapeur court comme un commissionnaire; il a la tenue d'un sbire. Pressé et brutal ! Il fume, il crie, il pue. Armé d'une épée, il coupera en deux tout ce qu'il rencontrera, et il poursuivra sa course; il ira invinciblement porter l'insolence de la domination, la servitude, la mort.

O le beau navire d'autrefois, savant, courageux et magnifique, plein de nobles et intelligents matelots, qui fendait bravement l'onde rebelle, qui luttait de science et d'audace avec l'ennemi, de force avec la mer, de ruse avec le vent, et dont les voiles s'enflaient sous la brise, comme des seins gonflés de lait ! . . .

Enfin, le Lycurgue entra dans le port de Civita- Vecchia, et la noire et infecte machine, cessant d'agiter ses ailes ou plutôt ses pattes tapageuses, nous jeta sur le sol italien, sur le tranquille sol pontifical. Nous voilà chez le Pape, c'est-à-dire chez nous.

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