‹ Le parfum de Rome;Chapitre 38 sur 96 · À M. EUGÈNE VEUILLOT · texte numérisé non relu

À M. EUGÈNE VEUILLOT

À toi, frère, le récit de notre première visite ad limina Apostolorum, au seuil des saints Apôtres. En te décrivant nos joies, nous consolerons le regret qui les accompagne. Que n'es-tu là, dans ce soleil, dans ces émotions, dans ces prières !

Ce que nous admirons, tu l'as vu; les vœux que nos cœurs forment pour toi, ton cœur les a formés pour nous. Mais avec nous, tu croirais tout voir et tout goûter pour la première fois.

Il semble à notre sœur que c'est moi qui lui donne enfin sa Rome si désirée; et moi, regardant Rome par ses yeux ravis, j'y trouve des majestés et des grâces nouvelles.

C'est une ivresse pure, calme, profonde. Tu n'en jouis pas avec nous, voilà l'épine, voilà l'inévitable grain de sable qui blesse toujours le pied parmi les gazons et les fleurs.

Au ciel, pleins de charité parfaite et satisfaite, nous nous serons tous et toujours présents dans la présence de Dieu.

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