DROITS DE L'HOMME, DROITS DE DIEU
insensés veulent détruire une œuvre de Dieu, et la plus nécessaire au monde. Rome est le royaume propre de Jésus-Christ, la part qu'il s'est réservée sur la terre dans le miséricordieux dessein d'y établir la source de la vie surnaturelle.
On a toujours vu dans le monde un parti pour refuser ce bienfait; parti si puissant qu'il semble parfois se composer du monde entier. Néanmoins, depuis dix-huit siècles, la force des choses a invinciblement maintenu parmi les hommes ce droit de domaine et d'habitation que daigne se réserver la clémence du Christ.
La. force des choses, le besoin de l'humanité! Si l'on connaissait l'histoire de l'Église, qui est l'histoire de Dieu présent et vivant sur la terre ; si ceux qui disent aimer la liberté considéraient de près, tels que l'Église les expose et les défend, ces droits de Dieu auxquels leur aveuglement prétend opposer les droits de l'homme, ils verraient que les droits de l'homme n'ont d'existence et de sauvegarde que dans les droits de Dieu. Quand le vicaire du fils de l'homme n'occupera plus le Capitole, en vain l'insurgé de 178g aura pris la Bastille!
Droits de l'homme, liberté humaine, existence distincte des nations, autant de pensées du Christ, voulues et accomplies par sa seule Église. Avant le Christ, l'état normal des sociétés était l'esclavage; le droit normal, le droit du plus fort, pour imposer l'esclavage; la politique normale, la conquête, pour vendre ou pour tuer les vaincus. Humanum paucis vivit genus !
« La liberté est une invention chrétienne : elle
suit le Christ où il va, elle disparaît d'où il se retire. » Les peuples que le Christ n'a pas visités sont assis dans l'ombre de la mort; ceux qui l'ayant reçu l'ont banni, voient remonter les ténèbres: leur tête paraît encore lumineuse et libre, déjà les membres sont engloutis et engourdis. Dans ses Indes dorées par le soleil, dans les mines qu'elle appelle ses Indes noires, dans les vertes richesses de l'Irlande, regardez les sujets de cette grande Angleterre, si fière d'avoir subjugué sous ses propres lois la loi du Christ : Humanum paucis vivit genus !
Quel est et que devient le droit de l'homme sous des maîtres qui méprisent le droit du Christ? « Dieu, dit saint Augustin, ne commande rien pour sa propre utilité, il commande tout pour l'utilité de ceux à qui il commande. » La conscience humaine ne permet pas que ce Maître divin soit remplacé par les dominateurs dont sa miséricorde avait brisé l'empire; elle ne souffre pas que le Capitole soit relevé au-dessus du Calvaire.
Demander aux adversaires de Jésus-Christ, de l'Église, de la Papauté, leur demander d'étudier un peu, c'est leur demander beaucoup, et plus que le grand nombre d'entre eux ne veulent faire. Mais, dussent-ils abjurer toute raison pour servir la passion qui les emporte, nous, du moins, nous aurons consolé et affermi la foi des chrétiens, laquelle est un grand élément de la force des choses.
Dieu a fait aux chrétiens d'immenses privilèges: ce n'est pas le moindre d'être au courant de la scène de ce monde, d'en comprendre les péripéties, d'y démêler l'action de la main divine. Par là ils s'enra-