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LE VRAI INFAME

« Que ce prêtre usurpe; que ce n'est pas à lui que Dieu a donné le trône, mais à vous; que le salut du peuple exige que ce prêtre périsse.

« Quand vous l'aurez détrôné, pour trente deniers je chanterai le Te Deum ; et si vous le crucifiez, pour trente deniers je bénirai les bourreaux. »

Infâme! nous ne te raillerons pas, toi. Quelle que soit la misère de ton esprit, le crime est dans ton cœur, et ce crime est trop grand. Sois maudit pour le crime de ton cœur !

Sois maudit du peuple, sois maudit des prêtres; que la femme qui t'a enfanté maudisse ses entrailles ; que l'évêque qui t'a sacré maudisse sa main; sois maudit dans les cieux!

Sois maudit, parce que tu trahis la sainte Église qui t'a formé lentement et tendrement pour être un prêtre selon son cœur ! et tu tournes contre elle ses propres soins et les pouvoirs qu'elle t'a donnés !

Sois maudit, ostiaire qui ouvres à l'ennemi et qui sonnes la cloche de rébellion, lecteur qui fais mentir les saints Livres, exorciste qui invoques Béelzébuth, acolyte qui portes le flambeau devant Satan!

Sois maudit, diacre prévaricateur, toi qui as reçu l'esprit de Dieu ad robur, pour défendre les biens de la sainte Église, et qui dis aux voleurs que le domaine sacré leur appartient !

Sois maudit, prêtre sacrilège, parricide abominable, profanateur de l'autel! Tout ce que tu trahis, tu le trahis dix fois. C'est de toi qu'il a été dit: Mieux lui vaudrait de n'être pas né!

Que Dieu compte tes pas dans la voie du mal, et

26o LE PARFUM DE ROME

qu'il n'en oublie aucun; qu'il accumule sur toi l'infection des péchés que tu fais commettre et de ceux que tu aurais remis!

Que toutes les bénédictions que tu as reçues et que tu renies se retournent contre toi; qu'elles tombent sur toi, qu'elles t'écrasent comme un sacrement de Satan!

Que les onctions sacrées te brûlent; qu'elles brûlent tes mains tendues aux présents de l'impie; qu'elles brûlent ton front où devait rayonner l'Évangile et qui a conçu de scélérates pensées !

Que ton aube souillée devienne un cilice de flammes, et que Dieu te refuse une larme pour en tempérer l'ardeur ! Que ton étole soit à ton cou la meule au cou de Babylone jetée dans l'étang de soufre !

A Saint- Pierre, j'ai retrouvé deux illustres personnages, l'un que j'aime et que j'admire, l'autre que j'admire et que je voudrais aimer; l'un, un charmant enfant qui était déjà un grand homme; l'autre un grand homme qui était encore et qui n'a guère cessé d'être un terrible enfant. Ce dernier est Jean-Wolfgang Goethe; l'autre est Jean-Chrysostome-Wolfgang Mozart.

Je les ai trouvés chacun à sa place : Mozart dans le temple, devant la statue de saint Pierre dont il baise le pied, en bon catholique; Goethe à la porte, où il fait de la philosophie, en bon protestant.

Cependant sa philosophie n'est pas absolument protestante, pas absolument dehors. Il plonge dans l'intérieur son grand regard sympathique. . . . Mais il n'entre pas.

Mozart avait quatorze ans; il faisait son tour d'Italie, donnant des concerts, exécutant, hélas! des tours de force, pour gagner ses frais de voyage. Il jouait des morceaux de sa composition sur le clavecin; il improvisait sur le clavecin et sur le violon; il improvisait et chantait des airs avec accompagnement de clavecin, « sur des paroles non vues d'avance. » Mozart ! !

Et cependant, c'était Mozart. Non seulement son génie résistait à ce métier, mais sa gaieté et sa simplicité d'honnête enfant catholique ne s'y perdaient point. Il étudiait, il écrivait, il riait, il priait, il obéissait. Son père le conduisait dans cette course à travers les orchestres de l'Italie. Brave figure de père, de chrétien et de musicien, ce Léopold, père de Wolfgang!

On les recevait bien. Peu d'argent, mais beaucoup de courtoisie et une intelligence du génie qui ne lésinait point sur la louange. Dans « le très jeune et très expert signor Amadeo, » comme parlaient ses programmes, l'aimable Italie devinait le grand Mozart. Il s'appelait Amadeo pour les Italiens: quel moyen de leur donner à prononcer Wolfgang ?

Ainsi, répandant sur sa route les fugues, les motets, les symphonies, ébauchant des opéras, salué de sonnets, saluant de sonates, également satisfait du soleil, des oreilles et des voix, se sentant croître, un

beau jour Mozart entra dans Rome. Il s'en fut tout droit à.Saint-Pierre, où le Pape célébrait la fonction du Jeudi Saint. Il arriva près du Saint-Père, qui servait la table des pauvres.

« Wolfgang avait de si beaux habits, et il était si à son aise, dit Léopold, que les hallebardiers lui faisaient faire place, le prenant pour un gentilhomme allemand, même pour un prince, et moi pour son chambellan. » Wolfgang finit par se glisser entre deux cardinaux. L'un d'eux lui dit: « — Ne voudriez- vous pas, en confidence, m' apprendre qui vous êtes? »

Il répondit : « — Le petit Mozart. — Quoi ! reprit le cardinal, cet enfant célèbre dont on m'a. tant écrit! — Votre Éminence, dit à son tour le petit Mozart, n'est-elle pas le cardinal Pallavicini? » — Et voilà l'Éminence et le petit Mozart en conversation. Le cardinal trouva que Wolfgang parlait bien l'italien; lui-même avait un peu d'allemand; il le dit en six mots, où il s'accorda cinq fautes.

Prenant congé, Wolfgang baisa la main du cardinal; le cardinal ôta sa barrette. Tels étaient ces fiers cardinaux. Le bonhomme Mozart, charmé, raconte à sa femme cette petite scène tout imprégnée du parfum de Rome. Wolfgang ajoute: « J'ai baisé le pied de saint Pierre, et parce que je suis trop petit, il a fallu me soulever. »

Ah ! cette auguste statue de saint Pierre, quand je la verrai désormais, je verrai aussi dans le groupe des fidèles, parmi ces riches, parmi ces pauvres, parmi ces enfants, je verrai le petit Mozart, posant sur le pied de bronze ses lèvres d'or, d'où tant de

belles mélodies ont pris leur vol, douces comme la plainte, sereines comme la prière, pleines de désir comme l'âme d'un exilé.

Le noble enfant est gai, on le sent heureux. Il s'amuse à voler le Miserere de la Sixtine ; il apprend des jeux pour les montrer à sa sœur; il écrit des billets en italien, il compose, il prend des leçons d'arithmétique, il demande des nouvelles de son canari.

Toute autre chose que la musique l'occupe peu. Un jour, après vêpres, il va au Capitole; il y voit, dit-il, varie belle cose, et il passe. L'art, pour Wolfgang, c'est la musique. Il ne prend pas garde au reste, pas plus que l'abeille à la beauté des fleurs d'où elle tire son miel. Si nous entendions ce qu'il chanta sous l'impression du souvenir de Rome, alors nous saurions ce que son frère Raphaël lui a dit.

Seize ans après Mozart, en 1786, Goethe habitait Rome. Nous le trouvons sur la place de Saint- Pierre, avec un ami qu'il nomme Tischbein, et tous deux se promènent en mangeant des raisins achetés dans le voisinage. Ils avaient le temps le plus tranquille, le ciel le plus pur, un soleil chaud. C'était le 22 novembre, fête de Cécile, dit Gœthe; fête de sainte Cécile, aurait dit Mozart, qui n'eût pas manqué la messe et les vêpres ce jour-là.

Les deux amis se promenaient donc de long en large, mangeant leurs raisins. Mais le soleil devint brûlant. Alors, ne pouvant se résigner à quitter ce

portique, plus beau que celui d'Athènes, ils se réfugièrent à l'ombre du grand obélisque, et cette ombre se trouva juste assez large pour deux. O Gcethe, si tu l'avais voulu! Dans la croix de bronze qui domine l'obélisque, Sixte-Ouint a mis une parcelle de la vraie Croix.

Ensuite, les deux philosophes se rendirent à la Sixtine. Mozart y avait été pour le Pape et pour Allegri; Goethe y allait pour Michel-Ange. Les fresques étaient bien éclairées. « Je ne pouvais, dit Goethe, « que regarder et m'étonner. La virilité intérieure de ce maître, sa grandiosité surpasse toute expression. » Grandiosité ! Mozart eût préféré Raphaël; Gcethe devait aimer Michel-Ange, un Titan.

Après avoir « contemplé et contemplé de nouveau, » ils pénétrèrent dans la basilique, toute remplie de la plus belle lumière du ciel serein. « Sans se laisser égarer par un goût trop raisonnable, ils se réjouirent de ce qui les charmait. » Voilà le grand regard de Goethe ; le voilà simple comme Mozart.

« Enfin, continue-t-il, nous montâmes sur le toit du noble édifice, où l'on voit l'image réduite d'une ville bien bâtie. Du haut de la coupole, nous contemplâmes le clair pays des Apennins, le Soracte, Tivoli Frascati et la plaine, et la mer; à nos pieds les immenses palais, les coupoles brillantes, les grandes ruines, Rome!

« Après nous être bien pénétrés de tout, nous descendîmes. On nous ouvrit les portes du fronton et de la nef. Comme nous étions sur le fronton, le

Pape passa en bas pour faire ses dévotions de l'après-midi. Il ne nous manqua donc rien. ...»

Voilà ce que l'on pourrait lire sur le carnet de tout Allemand et de toute Anglaise, tout Français même, pourvu qu'il n'eût pas d'esprit à envoyer aux journaux, en saurait dire autant. On se demande pourquoi Gœthe, avant de jeter ces notes incolores, s'écrie: «Il faut que je garde vivant le souvenir de ce jour heureux! »

C'est que ce jour-là, non pour la première fois, Goethe avait respiré le parfum de Rome. Avant ce jour de \a.fête de Cécile, passé tout entier à considérer Saint-Pierre, la plus merveilleuse fleur du sol romain, — fleur qui exhale son parfum perceptible aux sens, comme une enveloppe matérielle des grâces spirituelles que l'âme y peut puiser, — avant ce jour,

Gœthe, sans la saisir encore tout entière, avait indiqué la raison de cette allégresse qui l'accompagnait à travers la ville de Dieu. Mozart y chantait comme un enfant dans la maison paternelle; il ne cherchait pas à se rendre compte d'un bonheur qui ne l'étonnait point. Gœthe est un exilé; l'air de la patrie l'enivre d'une joie immense.

Seulement, Gœthe ne connaît pas la loi qui l'exile; bien plus, il ignore qu'il respire l'air de la patrie, car il ne connaît pas non plus sa patrie; ou, s'il comprend que Rome est la patrie de son génie, il ne sait pas qu'elle est davantage la patrie de son âme. Il cherche d'où lui vient sa joie. Écoutez le mystère de Rome:

« Je vis ici dans une clarté et dans un repos dont

je n'avais plus le sentiment. La sage habitude que j'ai prise de voir les choses telles qu'elles sont, de faire de mes convictions la lumière de mes yeux, d'abdiquer toute prétention contraire, me rend aujourd'hui bienheureux en moi-même.

« Tous les jours quelque chose de nouveau et de remarquable: tous les jours des images fraîches, grandes, merveilleuses, et un ensemble pensé et rêvé depuis longtemps, mais qu'aucune imagination ne pourra jamais atteindre. . . .

« Si maintenant je tourne mes regards vers moimême, alors je découvre un sentiment qui me réjouit. Celui qui regarde autour de soi sérieusement et qui a des yeux pour voir, celui-là doit devenir fort; il doit arriver à une vivante compréhension des choses solides et sérieuses.

« L'esprit se marque du cachet d'une capacité ■forte; il arrive au sérieux sans sécheresse, à la maturité avec joie. Pour moi, je n'ai jamais su apprécier les choses de ce monde d'une manière aussi juste que je fais à présent. Ce jour exercera sur ma vie entière une influence bénie.

« Laissez-moi ramasser tout cela comme tout cela me vient. Plus tard l'ordre se fera. Je ne suis pas ici pour juger d'après mes idées reçues. Je veux m'efiorcer de saisir la grandeur, et apprendre à me former avant d'accomplir ma quarantième année. »

Et pourtant Goethe est resté protestant, et même il a marché dans les conséquences du Protestantisme et il est devenu païen. Il a écrit d'indignes paroles contre cette foi catholique devant laquelle il avait tenté de saisir la grandeur. . . . Hélas!

oui, et ce n'est plus le mystère de Rome, c'est le mystère de son âme.

Quand il disait après ce grand jour de Saint- Pierre, après ce jour heureux: Nous avons vu passer le Pape, rien ne nous a manqué, Gcethe trahissait la vérité, peut-être aperçue en ce momentlà. L'ombre de la croix de Jésus-Christ avait porté sur lui le matin; quand le vicaire de Jésus-Christ passa près de lui le soir, il a manqué à Gcethe de se mettre à genoux.

S'il s'était mis à genoux, s'il avait adoré Celui qui passait sous une apparence mortelle; s'il lui avait demandé ce don de l'amour qui enfante la beauté, alors, pressé du désir et du besoin de se rendre pur, et bientôt lavé du sang de l'Agneau, il eût été délivré de ces souillures qui obscurcissent le génie, de ces poids qui lui alourdissent les ailes, de ces chutes qui les brisent, de ces aveuglements qui lui cachent ce qu'il a vu si haut et si loin.

Alors le parfum de Rome serait entré tout entier dans son âme et l'aurait embaumée pour toujours; il y serait devenu parole, comme dans l'âme chrétienne de Mozart; il n'eût pas laissé échapper des accents mêlés, incomplets, déshonorés souvent ; ses plus beaux essors ne se seraient pas arrêtés à mi-chemin de la grandeur.

Jean-Wolfgang Gcethe, Jean-Wolfgang Mozart! En ces deux hommes, Rome a vu passer, avant qu'elles naquissent, deux des plus grandes œuvres de l'art moderne : Don Juan et Faust ; et le parfum de Rome est sensible en toutes deux. Dans

Don Juan, le parfum de l'intérieur; dans Faust, celui du dehors.

« A la conception de leur œuvre, ajoutait Marie Gjertz, Goethe et Mozart se sont trouvés en face du même ennemi, et tous deux l'ont vaincu. Mozart, enfant docile de l'Église, l'avait rencontré au dehors de lui-même; Gcethe, enfant rebelle, l'a vu surgir de son propre cœur.

« Mozart reçoit d'un plat librettiste un type d'ignominie relégué dans la fange, hors de portée de la miséricorde divine. Mais, écoutant les harmonies de la sainte Église, d'un regard de son œil de colombe, il transfigure cette chair réprouvée. Il y met une âme, il lui prête des accents qui désarment la colère; et afin de garder entières les lois éternelles de la beauté, à côté de don Juan il place dona Elvire, qui souffre par lui et qui prie pour lui.

« Et lorsque la pierre même crie contre le misérable, à travers les mugissements du puissant de l'abîme prêt à dévorer sa proie, tous ceux qui comprennent le langage des âmes, entendent les supplications triomphantes d'Elvire devant le trône de Dieu.

« L'abject héros du librettiste, le libertin vulgaire retourne à la pourriture de laquelle il est né; mais la vraie création du poète, le don Juan de Mozart, dépouillant l'enveloppe de boue, s'élance vers la gloire du repentir sur les traces de l'amour outragé. Là se rencontrent Mozart et Gœthe, dans l'harmonie du parfum de Rome.

« Gœthe n'était pas contraint de prendre son personnage des mains d'un vaudevilliste; il avait la

magnifique liberté de lui garder la noblesse, même dans ses égarements. Il en use. Avec quelle grandeur Faust écrase le principe de l'erreur moderne, le libre examen, ce jouet indigne de l'être pensant! Comme il tressaille, comme il pleure au son des cloches de la Pâque catholique !

« C'est là vraiment Faust, le type de la pensée humaine abandonnée à ses forces merveilleuses et impuissantes; c'est là ce beau débris, plein de fierté, plein d'ironie, plein de désirs plus grands que luimême, portant au profond de son âme le germe de l'amour, c'est-à-dire de l'humilité. Mais Goethe, fils du Protestantisme, s'est trouvé inférieur à cette glorieuse ébauche. Elle l'écrasait, il l'a déshonorée.

« Sur le front de Faust, il éteint l'étoile de la grandeur et le rend semblable, non pas au don Juan de Mozart, mais au don Juan du librettiste; il le traîne au fond des gouffres infâmes, il le jette dans les bras du paganisme, il le fait blasphémer en pensée, en paroles et en œuvres.

« On dirait que, forcé d'être catholique avec Marguerite par la loi de l'Art qui le contraint de chercher la beauté, Gcethe veut que la haine protestante soit à son tour satisfaite, même aux dépens de l'Art. Pour se venger de l'importune beauté qui l'a fait frémir et pleurer, pour se venger des larmes de Marguerite, il souille à plaisir ces aspirations de Faust dont le seul terme logique est la foi, c'est-àdire l'humilité, c'est-à-dire l'amour.

« Mais tout à coup, dans le cœur du poète, l'instinct vainqueur de la beauté l'emporte sur la haine de la vérité. Il supprime le libertin, le

blasphémateur; ces ignominiesdisparaissent comme les monstruosités d'un rêve, et Goethe, à la splendeur du jour, ne garde que le Faust pour qui Marguerite mourante a prié. Ce Faust est le même que le don Juan de Mozart.

«Qui sait? Quand à la fin de ce jour dont il ne profita pas et qu'il ne devait pas oublier, Goethe vit passer le Saint-Père et sentit qu'il ne manquait plus rien à la beauté de la Ville et du Temple ; qui sait si, alors, sous ces voûtes, quelques-unes des mélodies conçues par l'enfant qui serait Mozart ne vibrèrent point dans le cœur de l'homme qui créerait Marguerite et Mignon ?

« Qui sait si ces mélodies qui deviendraient le dénouement de Don Juan, n'arrachèrent pas à Goethe le dénouement de Faust : l'union de l'intelligence et de l'amour, portés au ciel sur les ailes de la pénitence et offerts à Dieu par les mains de Celle qui fut conçue sans péché ? »

Jean-Wolfgang Goethe, Jean-Wolfgang Mozart! Mais le génie de Mozart est plus clair et plus abondant que celui de Gœthe. Au baptême catholique, Mozart avait reçu encore le nom de Chrysostome. Il l'a gardé; c'est lui qui est la bouche d'or.

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