‹ Le parfum de Rome;Chapitre 77 sur 96 · DU DROIT D'ASILE · texte numérisé non relu

DU DROIT D'ASILE

parfois échapper, mais qui la dédommageaient en se condamnant eux-mêmes à la pénitence, combien de mauvais coups la politique pouvait manquer !

Contraindre la force, toute force, à s'arrêter devant l'homme qui embrassait les autels; la contraindre à lâcher même le criminel réfugié sous leur garde sacrée, cela était légitime et noble, — et sage.

Ainsi la force confessait qu'elle croyait en Dieu. La force ne peut rien faire à quoi elle gagne autant ! Il lui est bon de donner cette opinion d'elle-même; il lui est bon de perdre quelques occasions de sévir.

La soumission de la force devant Dieu était une prédication très efficace; il en résultait parmi les peuples un accroissement de foi qui diminuait d'autant les besognes infructueuses du bourreau. Souvent le criminel réfugié se convertissait; le réfugié politique pardonnait.

A Byzance, l'eunuque Eutrope fit rendre une loi qui lui permît d'arracher son ennemi personnel de l'église où il s'était réfugié. Du pied de l'autel il l'envoya à l'échafaud. C'est l'origine de la légalité contre le droit d'asile.

Vos libéraux, Coquelet, sont partout les mêmes. Grands amis de la mitigation des peines, grands partisans de l'abolition des supplices, demandant que l'on fasse des prisons douces et même charmantes; ennemis du droit d'asile, ennemis furieux de toute charité.

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