GHISLAINE PASSE, ELLE EST PASSÉE
— Ah ! ma chère belle, que je suis heureuse de vous rencontrer ! Venez un peu que je vous raconte !.... vous ne vous imaginez pas quelle affaire !...
C'était madame de Chandoyseau qui revenait, avec les Anglaises de l'hôtel, du service protestant auquel elle assistait par galanterie envers le révérend Lovely. Le clergyman avait fait aujourd'hui un<» allocution d'un caractère si inattendu que tout le monde en était sens dessus dessous,.
Dompierre venait de prendre ses dispositions pour la réussite du projet qui «était de passer avec sa maîtresse toute une soirée dans la solitude à'Isola Madré, quand cette île magnifique est débarrassée ■des visiteurs.
Il aperçut le <x V *
hall plus garni que de coutume; on semblait y causer avec animation, mais en chuchote ments mystérieux. Madame Belvidera s'y trouvait et recevait les confidences de madame ce Chandoyseau.
Au moment où il allait entrer, elle se détache, du groupe et vint vers lui, €n ouvrant son ombrelle, sous le prétexte d'aller sur la route voir arriver la diligence. Il crut qu'elle était anxieuse de
savoir le résultat de ses combinaisons.
— Tout va bien, lui dit-il, et nous aurons deux barques pour cinq heures :
vous irez directement à Y Isola Madré, moi à V Isola Bella, seulement je changerai d'idée à moitié chemin et vous retrouverai sur les rochers.
Elle ne pouvait s'empêcher de rire.
— Qu'est-ce qu'il y a donc ce matin?
lui demanda-t il ; vous n'écoutez même pas ce que je vous dis !