‹ Le Parisien, comédie-vaudeville en un acte. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le théatre des Folies-Dramatiques, le 20 mars 1837Chapitre 14 sur 20 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

Les Mêmes, VICTOR.

VICTOR , un crêpe au chapeau et un mouchoir à la main.

Air : Ah ! quel coup terrible '. (La comtesse da Tunneaa.)

Ah ! ah ! ah I ah ! quel coup funeste. De perdre une sreur!...

Un suborneur que je déleste. Lui ravit l'honneur ; Ah : ah : quel malheur

BONNEFOI

Vous paraissez bien affligé , jeune homme; mais je crois que vous vous trompez de porte.

VICTOR

Ah ! combien le sexe esl à plaindre ! Pour lui que de dangers à craindre , Lorsque le sort lui donne la beauté,

Avec un peu trop de bonté, (bis.) Suzanne, hélas! conservait sa sagesse.

Malgré ses amoureux Nombreux , Ah I quelle tristesse!

Qu'un cœur d'homme est malicieux :

Et qu'un cœur de femme est chanceux :

Ah : ah ! ah : ah ! etc.

BENJAMIN, à part.

Ces! comme un saule pleiireur !

LÉON, à part et riant.

Pas mal! Il m'attendrit vraiment !

M"' BONNEFOI

Jeune inconnu . vous nous fendez le cœur ; mais mon mari vous l'a déjà dit ; il n'y a personne ici de votre connaissance, et le chagrin vous a égaré.

VICTOR

Pardonnez-moi, madame, et l'individu qui m'amène chez vous, me reconnaît fort bien. (Fixant Benjamin.) Je l'invite à sortir avec moi pour ne pas vous rendre témoin d'une triste explication.

BO.NNEFOI.

Une explication!

BENJAMIN, à Victor.

Doublure de Jérémie, c'est moi que vous regardez dans le blanc dea yeux?... expliquez-vous.

VICTOR

Que Je m'explique!... mais, malheureux, ce crêpe que je porte à mon chapeau ne vous dit-il pas quelle corde affreuse je vais toucher ?...

BENJA.MIN.

Touchez toutes les cordes que vous voudrez.

VICTOR

Eh bien! donc, profond scélérat, je viens vous demander compte de la mort de ma pauvre sœur que vous avez séduite.

TOCS.

Séduite!

BENJAMIN

Vous êtes un blagueur!

VICTOR, à part.

Tâchons d'éviter les explications.... (Il chancelle.)

BONNEFOI

Qu'avez-vous donc?

VICTOR, d'une voix faible.

Depuis trois jours la douleur m'a empêché de prendre aucune nourriture, et mes forces m'abandonnent.

BONNEFOI, à Victor.

Oserais-je vous offrir quelques biscuits et un verre de vin?.. VICTOR , revenant à lui tout de suite.

Grand merci ! ce n'est pas de refus; je suis si faible!.,.

Croyez ca et buvez de l'eau!

M""' BONNEFOI

Je sens que je vais avoir une attaque de nerfs...

BENJA.MIN.

Ce hachis de mensonges me fait dresser la tête sur les cheveux !

Bo^^EFOl, à sa l'enime.

Femme, je vous ordouue de me suivre et de ne plus parler ;\ ce vampire aUérô de l'innocence du sexe féminin.

CHOEUR

Air : Dieu! qu'ai-je lu-' ^Da Philippe , BONNEFOI, LÉON, VICTOR.

Quelle fureur !

Quelle imprudence !

Tirons vengeance ; Du séducteur.

«■"■^ BONNEFOI

Ah ! quel malheur !

Plus d'espérance '.

Mais l'indulgence^ Est dans mon cœur.

BENJAMAIN.

Quelle fureur!

Quelle démence !

J'aurai vengeance.

De l'imposteur.

(Tout le monde sort, escopté Benjaiiii et I.buii.)

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