BONNEFOI, JEANNETTE
JEANNETTE , à Boiinefoi.
Le bon Dieu vous bénisse! avec votre tintamarre, allez!
BONNEFOI
Oh ! je suis bien excusable, celte fois! le frère de lait de mon Élise arrive ce soir pour me donner un gendre, et je veux que le jeune homme ait bonne opinion de son beau-père.
JEANNETTE
Aussi, M. Bonnefoi, vous avez pris cette occasion-là aux cheveux pour vous lancer à corps perdu dans les tapisseries, les tabourets et la poussière.
BONNEFOI
Que veux-tu, Jeannette?., personne ne peut s'y connaître ici mieux que moi!
JEANNETTE
Vous aimez tant votre état de tapissier, dans lequel vous avez bientôt fait fortune, que vous donneriezdes fêles tout exprès, je crois, pouravoir le plaisir de clouer des draperies et de remuer des banquettes... aussi c'est un tapage!..
BONNEFOl.
Nous ne sommes pas encore au bout; tout-à-l'heure, ça va être le tour de la bourgeoise.
JEANNETTE
Oh ! dame, c'est qu'elle est loin d'être autant que vous, amoureuse des remue-ménage, ce qui cause entre vous deux des querelles assez fréquentes.
BONNEFOl.
Le fait est que ma femme est passablement tracassière et digoneuse; mais, heureusement,je ne lui cède pas toujours... on sait se faire respecter au besoin!..
M""' BONNEFOl, en dehors el appelant.
Jeannette! Jeannette!
JEANNETTE
Voici votre douce moitié.