SCÈNE Y
Les Mêmes, ÉLISE, puis JEANNETTE.
ÉLISE, se mettant entre eux.
Oh! mon Dieu! comme vous avez l'air fâché, tous les deux!
BONNEFOl.
Ma chère Elise, ta mère entre dans sa mauvaise lune, elle est d'une humeur!
j,mc BONNEFOl.
Et vous, monsieur, d'une galanterie!..
ÉLISE
Comment, vous vous querellez aujourd'hui, quand il ne devrait èlra question que de fêtes!
IW"' BONNEFOl.
Ma fille, c'est ton père, qui...
BONNEFOl.
C'est ta mère, que...
ÉLISE, avec gentillesse.
Eh bien! voyons, là... que chacun y mette un peu du sien.
Air : Le baaa Ljcas aimait Tbémir».
Vivez en bonne inlelligeiice.
m"^' BONNEFOl.
Tous les torls sont à mon époux...
ÉLISE, avec gentillesse.
Chut :
BOSKEFOI.
Ma femme est folle .'
ÉLISE, de même.
Oh! silence r Et tous les deux , appaisez-vous ..
M""^ BONNEFOl.
Mais...
ÉLISE
Silence encore !
BONMEFOI, riant.
C'est drôle!
Nous couper ainsi la parole.
ÉLISE
Vous signez mon contrat, demain.
(Elle prend la main de Bounefoi et la met dans celle de sa femme j Mais pour ce soir , changeant de rôle. Je dispose de votre main , Oui, laissez-moi changer de rôle.
Et disposer de votre main.
M°" BONNEFOl, à Elise.
Tu fais de moi, tout ce que tu veux.
BONNEFOl.
Comment résister à un pareil ange ! (On entend sonner.)
ÉLISE
Au moins, à présent, mon cousin va trouver tout le monde de bonne humeur à son arrivée.
M""' BONNEFOl.
Toi surtout , mon enfant, tu me parais merveilleusement disposée à lui faire gracieuse réception.
ÉLISE
Oiî! c'est que je me représente mon cousin, toujours aussi bon que par le passé. bonnefoi.
11 y aura du changement; mais en mieux. Tu l'as vu partir de Paris à rage de dix ans, encore emmailloté dans les langes de la province, il va le revenir brillant et façonné comme un rubis de la plus belle eau !
ÉLISE
J'en serai bien orgueilleuse !
BONNEFOl.
Les études que son père lui a fait faire à Paris , et la fortune qu'il lui a laissée après sa mort, ont dû en faire un soleil de perfection.
ÉLISE
Comme j'ai eu raison de ne pas aimer ce M. Léon que vous me destiniez d'abord.
BONNEFOl.
Léon avait bien ses qualités; son dernier voyage à Paris l'avait façonné et la fortune que sa tante doit lui laisser un jour, parlaient assez hàuten sa faveur , mais lu ne l'aimais pas , et tout a été dit.
ÉLISE
On raconte de lui des choses qui feraient croire à une conduite assez
dissipée.
BONNEFOl.
C'est dommage, car il est d'une compagnie fort agréable, et je crains que notre refus de lui accorder ta main, ne nous l'ait aliéné pour toujours.
JEANNETTE , entrant.
î^lonsieur, voici une lettre qu'on vient d'apporter.
(Elle sort après l'avoir donnée à Bonnefoi.) BONNEFOl.
Voyons ce «lu elle dit. (U la décacheté.) C'est de M. Léon. .11 lit.) « Quoique