‹ Le Parisien, comédie-vaudeville en un acte. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le théatre des Folies-Dramatiques, le 20 mars 1837Chapitre 4 sur 20 · SCÈNE Y · texte numérisé non relu

SCÈNE Y

Les Mêmes, ÉLISE, puis JEANNETTE.

ÉLISE, se mettant entre eux.

Oh! mon Dieu! comme vous avez l'air fâché, tous les deux!

BONNEFOl.

Ma chère Elise, ta mère entre dans sa mauvaise lune, elle est d'une humeur!

j,mc BONNEFOl.

Et vous, monsieur, d'une galanterie!..

ÉLISE

Comment, vous vous querellez aujourd'hui, quand il ne devrait èlra question que de fêtes!

IW"' BONNEFOl.

Ma fille, c'est ton père, qui...

BONNEFOl.

C'est ta mère, que...

ÉLISE, avec gentillesse.

Eh bien! voyons, là... que chacun y mette un peu du sien.

Air : Le baaa Ljcas aimait Tbémir».

Vivez en bonne inlelligeiice.

m"^' BONNEFOl.

Tous les torls sont à mon époux...

ÉLISE, avec gentillesse.

Chut :

BOSKEFOI.

Ma femme est folle .'

ÉLISE, de même.

Oh! silence r Et tous les deux , appaisez-vous ..

M""^ BONNEFOl.

Mais...

ÉLISE

Silence encore !

BONMEFOI, riant.

C'est drôle!

Nous couper ainsi la parole.

ÉLISE

Vous signez mon contrat, demain.

(Elle prend la main de Bounefoi et la met dans celle de sa femme j Mais pour ce soir , changeant de rôle. Je dispose de votre main , Oui, laissez-moi changer de rôle.

Et disposer de votre main.

M°" BONNEFOl, à Elise.

Tu fais de moi, tout ce que tu veux.

BONNEFOl.

Comment résister à un pareil ange ! (On entend sonner.)

ÉLISE

Au moins, à présent, mon cousin va trouver tout le monde de bonne humeur à son arrivée.

M""' BONNEFOl.

Toi surtout , mon enfant, tu me parais merveilleusement disposée à lui faire gracieuse réception.

ÉLISE

Oiî! c'est que je me représente mon cousin, toujours aussi bon que par le passé. bonnefoi.

11 y aura du changement; mais en mieux. Tu l'as vu partir de Paris à rage de dix ans, encore emmailloté dans les langes de la province, il va le revenir brillant et façonné comme un rubis de la plus belle eau !

ÉLISE

J'en serai bien orgueilleuse !

BONNEFOl.

Les études que son père lui a fait faire à Paris , et la fortune qu'il lui a laissée après sa mort, ont dû en faire un soleil de perfection.

ÉLISE

Comme j'ai eu raison de ne pas aimer ce M. Léon que vous me destiniez d'abord.

BONNEFOl.

Léon avait bien ses qualités; son dernier voyage à Paris l'avait façonné et la fortune que sa tante doit lui laisser un jour, parlaient assez hàuten sa faveur , mais lu ne l'aimais pas , et tout a été dit.

ÉLISE

On raconte de lui des choses qui feraient croire à une conduite assez

dissipée.

BONNEFOl.

C'est dommage, car il est d'une compagnie fort agréable, et je crains que notre refus de lui accorder ta main, ne nous l'ait aliéné pour toujours.

JEANNETTE , entrant.

î^lonsieur, voici une lettre qu'on vient d'apporter.

(Elle sort après l'avoir donnée à Bonnefoi.) BONNEFOl.

Voyons ce «lu elle dit. (U la décacheté.) C'est de M. Léon. .11 lit.) « Quoique

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