‹ Le Parlement de Bordeaux et la Chambre de Justice de Guyenne en 1582Chapitre 36 sur 112 · VIII. — Rançons · texte numérisé non relu

VIII. — Rançons

Encore une de ces violences que la Chambre avait mission spéciale de punir et de réparer autant que possible (^). — C'est ainsi que le 6 avril, elle condamna un nommé Jean

(*) Voir Reg. cons., lei- mars.

[^) Voir suprà, p. 484.

(^) Voir suprà, g VI, p, 189, — Voir encore Reg, cons., 13 mars.

Belloc à rendre 500 écus sol à lui payés par un nommé Maquin, quil était allé rançonner chez lui, sauf son recours contre qui il verrait, avec un sursis de trois mois pour Texécution (^). — Ce même Belloc avait échappé quelques semaines avant, avec plus de bonheur que de stricte justice, aux poursuites d'un nommé Martin Yergier, qui lui reprochait d'avoir été l'instrument d'une odieuse perfidie du capitaine Fa vas. Yoici comment Loysel exposa Taffaire : En 1577, pendant le siège de Marmande, le capitaine Favas, qui était logé en la maison de Belloc, envoya celui-ci avec son laquais vers quelques personnes de la ville, notamment vers Martin Yergier, pour les inviter à venir lui parler : ce que ce dernier fît, et Favas aussitôt se saisit de lui et le rançonna. - Loysel pensa que c'était au capitaine Favas seul qu'il fallait s'adresser, et que cette affaire devait être jointe au procès formé déjà contre ce dernier. — La Cour fut de cet avis, et mit les parties hors de cour, sauf au demandeur à se pourvoir contre qui il verrait (^).

Un des plus curieux procès de ce genre est celui qu'un bourgeois et marchand de Bordeaux, Fort Arnaud, avait fait à Georges André, sieur de Landonne, (c pauvre jeune homme, dit le Begislre, prisonnier en la conciergerie depuis trois mois. » On y trouve la longue et piquante relation des infortunes d'un bourgeois enlevé de chez lui par des soldats qui l'avaient fortement rançonné (^).

La ville de Monscgur avait été, plus qu'aucune autre peutêtre, le théâtre de pareils exploits. De là plusieurs procès en restitution de rançon, formés par quelques-unes des victimes, par exemple, par Robert de La Yille et Peyrot Darricault, contre la veuve d'un des plus hardis capitaines du

(*) Voir Reg. d'aud., 12 février; Reg. cons., 6 avril. (-) Voir idem, 8 mars.

(^) Voir idem, 12 février.

pays, Jacques Daulche (^). — M-- Darche, avocat des demandeurs, raconta que pendant les derniers troubles, ils avaient été faits prisonniers par Daulche, qui leur avait pris tout leur argent et les avaient menés à Monségur, dont ils n'avaient pu sortir qu en composant pour 55 écus; mais comme il s'en fallait de deux livres pour compléter cette somme, ils avaient dû rester en prison. — Pour la veuve, M^ Langalerie répondit que Daulche était (( Tun des plus grands guerriers du pays; » que sa femme n'avait nullement souvenance qu'il eût apporté cet argent chez lui; qu'il fallait, d'ailleurs, s'adresser à ses héritiers et non à elle. — Loysel vint à son tour préciser les faits acquis au procès. Il dit qu'il n'était pas douteux que les demandeurs n'eussent été rançonnés par Daulche, l'un à 30 écus, l'autre à 25; qu'il paraissait même que cet argent fut porté à sa femme, qui, il est vrai, prétendait en définitive qu'elle ne l'aurait reçu que comme remboursement d'une dette de son mari envers elle. Il pensa donc que Daulche étant décédé, la cause cessait d'être criminelle, et qu'il y avait' lieu de recevoir les parties en procès ordinaire : ce que la Cour fit sur-le-champ, en appointant au conseil les articulations contradictoires {^).

On sait que Bazas était un centre important d'opérations pour les officiers du roi de Navarre. Divers procès révèlent comment les choses s'y passaient, et comment, en particulier, on s'y approvisionnait aux dépens des pauvres paysans des environs (^).

iX. -- Ri;nKi, LIONS.

Une des plus graves rébellions que la Chambre eut à répri-

C) Voir supra, p. 75.

(-) Voir Reg. d'ami., 19 février. — Voir encore Tarrèt contre le capitaine Uiromir de Paymilan et autres. [Reg. com , 12 mai.) i^) Voir Reg. cVaud., 27 avril.

mer fut celle des capitaines ['ailloii, Capdeville et Fontasson (V. suprà, p. 187), contre lesquelles il avait fallu ordonner des mesures extraordinaires.

La rébellion de Marguerite de Mouneye, femme d'Etienne de Bar, sieur de Cluzeau et de La Bertrandie, navail pas donné les mêmes préoccupations. Poursuivie par M^ Alain de Meyni, lieutenant en la juridiction d'Agen, pour crimes et désobéissance à la justice, vainement avait-elle été requise de se constituer en la conciergerie du Palais. La Cour la condamna par défaut, sauf trois semaines de répit (').

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