‹ Le parlement de Franche-Comté, de son installation à Besançon à sa suppression, 1674-1790Chapitre 9 sur 176 · FÊTES POPULAIRES · texte numérisé non relu

FÊTES POPULAIRES

fants, donnèrent du pain à trois mille cinq cents personnes et offrirent à la population, dans les salles de l'hôtel de ville, un bal « qui fut embelli par le concours immense d'un peuple sensible, reconnaissant, et toujours signalé par son dévouement à ses rois. »

Rien de plus touchant que ces fêtes populaires où toutes les classes de la nation s'unissaient dans un même sentiment de respectueux et profond attachement pour la monarchie, et célébraient dans un complet accord un événement favorable à toute la nation. Le peuple oubliait pour un instant sa misère; le Parlement ne songeait qu a manifester ses vœux pour la famille royale, pour le bonheur et la gloire de la France.

Quelques jours auparavant, le 12 novembre, avait eu lieu la rentrée du Parlement ; après une harangue de M. l'avocat général, Marquis de Tallenay, sur Y amour de la vérité, M. le président de Courbouzon « avait mis sous les yeux de la compagnie les distinctions particulières qui font le lustre et la gloire du Parlement, et qui lui sont acquises par le zèle que cette cour a montré dans tous les temps pour le maintien de la police et de l'autorité des souverains, pour représenter à ses souverains la situation et les besoins des peuples, pour affermir la tranquillité de ces peuples et coopérer à leur bonheur. » Un journal du temps apprécie cette harangue en ces termes : « Les sentiments que la naissance de M gr le dauphin , la bienfaisance et la vertu du roi, ont fait naître dans tous les cœurs, ont été développés avec autant d'éloquence que de vé-

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rite Ajoutons que dans toutes les villes de Franche- Comté, à Dole, à Ornans, à Vesoul, à Gray, à Pontarlieret dans toutes les campagnes « éclatèrent les transports les plus vifs d'un tendre saisissement ; ce ne fut que fêtes, illuminations, aumônes, vœux au ciel pour la conservation du jeune prince et pour celle de ses augustes parents. »

L accroissement de la dette publique, la nécessité de se créer de nouvelles ressources, vinrent troubler la longue période d'harmonie entre le pouvoir royal et les magistrats.

Depuis de longues années, la Franche-Comté était assez maltraitée. Epuisée d'hommes et d'argent, livrée à toute l'avidité des traitants, elle payait avec peine les charges courantes qui s'étaient aggravées chaque année. Chiflet nous donne l'état général fort détaillé des impôts tant ordinaires qu'extraordinaires, établis dans la province en 1738. L'impôt s'élevait en totalité à 2 millions 300,337 livres ( 2 ), mais, en moins de trente années, ces charges s'étaient presque doublées. En 1766, cette province devait acquitter :

Pour les tailles, environ 3,000,000 fr.

Pour les contrôles et insinuations. . 500,000

Pour les droits des fermes .... 300,000

Pour les postes aux lettres .... 50,000

A reporter . . . 3,850,000 fr.

(1) Affiches dt la Franche-Comté du 16 novembre 1781.

(2) Manuscrits Chiflet, vol. 61, p. 285.

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