Id. L. XXVIIL. ch
3. Arch. nat. X1a 4786. f. 46. « Quand aucun presente une remission en cas criminel, la Cour se doit saisir et garnir de son corps, et l’en accoustume d’envoyer vcellui crimineulz ou Chastellet. »
4. Ibid., X1a 4787. f. 427 vo, mercredi 6 octobre 1406. — Journal de N. de Baye, t. I, p. 175. — X1a 8602 f. 203 ve, 204, 23 novembre 1406.
turbulents ordonnée par le prévôt de Paris, Guillaume de Tignonville‘. Le prévôt de Paris devait faire respecter les privilèges des écoliers et des autres membres de l’Université, tous placés sous la sauvegarde du roi. Des lettres du 31 décembre 1340 lui avaient rappelé ce devoir etle21 mai 1345 de nouvelles lettres, rendues à l’instigation de l'Université qui se plaignait de leur non exécution par les baillis, surtout en Normandie, en confirmèrent, après délibération des conseillers et des membres du Grand Conseil au Parlement, les dispositions et donnèrent au prévôt le droit de connaître « summarie et de plano », les infractions survenues dans tout le royaume *. Le prévôt était gardien des privilèges universitaires, sa posilion était périlleuse; s’il
1. De Tignonville, chevalier, fut ambassadeur de Charles VI à l’assemblée de Francfort (mai 1400). (H. Moranvillé, Relations de Charles VI avec l'Allemagne, Bibliothèque de l’École des Chartes, 1886, p. 491.) Reçu prévôt de Paris, le lundi 6 juin 1401, il alla au mois d'août suivant en ambassade auprès du duc de Milan (Douet d’Arcq, op. cit.,t. I, pp. 203, 204). Après sa destitution due, d’après les uns, à l'Université. d’après d’autres (Juvénal des Ursins. an. 1408), à ses relations avec le duc d'Orléans, et pour s'être refusé à des manœuvres déloyales, il fut remplacé par Pierre des Essarts, bourguignon (X1a 1479, f. 26, 5 mai 1408. Journal de N. de Baye, t. I, p. 229). Il continua à jouer un grand rôle dans les conseils du roi, En 1409, avec Jean de Montagu, archevéque de Sens, et le seigneur de Dampierre, il alla à Amiens discuter les conditions de la paix contre les envoyés du roi d'Angleterre (Cousinot., ch, civ). Le 18 août 1410, il parla devant les évêques et les princes réunis à Poitiers et les invita au nom du roi à conclure la paix. (Religieux de Saint-Denis, L. XXXT, ch. 15.) Cet auteur le qualifie : « Miles, vir utique litteratus et facetus. » Ses armoieries étaient de gueules à dix annelets d’or(v. Revue historique, nobiliaire et biographique, 3° série, t. IIT, 1878, pp. 435-436). En 1406 (lundi 18 janvier), il avait eu un procès avec l’évêque de Paris. (X14 14 f. 298 vo).
2. Arch. nat, X1a 10. f 228. v. pièces justificatives. — X1a 6. f. 119. 2 juin 1330 : « lite dudum mota coram preposito nostro parisiensi tanquam coram gardiatore privilegiorum per dominum Regem concessorum magistris et scolaribus Universatis Parisius. »
mettait un frein aux incartades des écoliers, l'Université l’accusait d’attentats, d'excès de pouvoir, de violations de privilèges ; s’il laissait faire, les bourgeois l’accusaient de mollesse. Guillaume de Tignonville, homme énergique et de grande valeur, n'hésita pas à prendre sa charge au sérieux, c’est-à-dire à surveiller la jeunesse des écoles tout en respectant leurs droits.
L'an 1407, un meurtre avait été commis par deux étudiants : Leger du Moncel et Olivier Bourgeois, l’un originaire de Normandie, l’autre de Bretagne‘. Guillaume fit ‘arrêter les deux assassins, « larrons murdriers, guetteurs de chemin », qui avouèrent le crime *. Comme il le devait, il avertit l'Université et offrit de les lui remettre * ; celle-ci les refusa déclarant qu'ils n'étaient pas clercs ; Guillaume les fit donc enfermer au Châtelet et demanda pour les juger le concours de quatre conseillers du Parlement. L'arrêt était prévu : les assassins furent pendus * (26 octobre).
Le duc de Bourgogne, mécontent du zèle et de l’ardeur du prévôt, ancien conseiller du duc d'Orléans, souleva contre lui l'Université”, chose d’ailleurs peu difficile. D’ac-
4. Du Boulay., op. cit., t, V, p. 145, et D. Godefroy, Annotations à l’histoire de Charles VI, par J. Juvénal des Ursins, p. 647 (Paris, 1653, in-f0), d’après l’épitaphe du cloître des Mathurins de Paris, où ils avaient été enterrés après ieur dépendaison. (v. aussi État de Paris au xvi° siècle dans les Mémoires de la Société de l’histoire de Paris, 1875, p. 104). Le Religieux de Saint-Denis (1. XXVIIT, ch. 29) donne à tort les noms suivants : Olivier François et Jean de Saint-Léger,
2. Cousinot, Geste des Nobles, édit. cit. ch. XCVI. — « Espieurs de chemins » (Monstrelet, t. Il, p. 75). « Duo nequam filii » (Religieux de Saint-Denis, loc. cit.).
3. Cousinot, loc. cit. Guillaume Cousinot, alors avocat au Parlement, était particulièrement bien informé, aussi suivons-nous sa version.
4, Le Religieux de Saint-Denis (loc. cit.) dit qu'ils furent soumis à la torture.