Cousinot, op. cit., loc. cit
cord avec l’évêque de Paris, elle attaqua le prétendu violateur de ses privilèges et comme précédemment pour forcer la main du roi, cessa ses leçons. Le résultat ne se fit pas attendre. Guillaume de Tignonville fut destitué, à la grande joie du duc de Bourgogne, qui le fit remplacer par sa créature, Pierre des Essarts. Sur les instances de son entourage, Charles VI nomma Guillaume président de sa Chambre des Comptes, après qu’il eut demandé pardon au recteur, aux maîtres et aux écoliers. Quant aux victimes, des lettres royaux et un arrêt les réhabilitèrent (12 mai 1408), leurs corps furent dépendus en grande pompe, en présence, dit-on, de quarante mille personnes, puis mis par le bourreau en deux cercueils de bois couverts d’un drap noir et ramenés processionnellement à Notre-Dame entre dix et onze heures du matin. Les cloches des églises sonnaïént à grande volée. Ils furent confiés à l’évèque qui, après le service, les fit inhumer au cloître Saint-Mathurin (16 mai)'.
Les causes de l’Université d'Orléans venaient encore en grand nombre par voie d'appel au Parlement. Le bailli et le prévôt de cette ville étaient aussi les gardiens des privilèges de l’Université et comme tels n’avaient pas une meilleure situation que le prévôt de Paris. Nicolas Trouillart, prévôt d'Orléans, et quelques-uns de ses sergents, furent condamnés pour avoir, comme plus tard Guillaume de Tignonville, réprimé énergiquement la licence des étudiants *. Des bourgeois s'étant permis de crier « à mort les
4. Arch. nat., X1a 1479, f. 26, —— X1a 4788, f. 4, 8 novembre 1407. — Journal de N. de Baye, t. I, p. 205. — Félibien, op. cit., t. II des preuves, p. 552. — Juvénal des Ursins, an. 1407 et 1408. — A. Chartier, op. cil., an. 1408. — Religieux de Saint-Denis, loc. cit. — Jourdain, index cité, n° Mv, p. 220. — Pasquier, op, cit., 1. III, ch. 29.
2, Arch. nat., X1a 5, f. 278, 12 février 1323. — Arrêt reproduit dans Boutaric, op. cit,, n° 7070. — X1a9, f. 380. « Cum a quodam judicato per
écoliers » furent condamnés à une grosse amende ‘. Quelquefois les troubles étaient suscités par les professeurs eux-mêmes : maître Raymond de Salguez, docteur en droit canon, recteur de l’Université, intenta un procès à maître Jean de Champeaux, docteur en droit civil, qui l'avait, prétendait-il, fait maltraiter. Une enquête fut ordonnée, après laquelle de Champeaux fut reconnu innocent”. En 1392, Jean de la Coste, licencié en droit canon, fut poursuivi par le recteur et les maîtres de l’Université parce qu’il avait été prendre le bonnet de docteur à l'Université de Toulouse, dévouée à Benoit XIII *.
L'Université, d'humeur peu endurante, avait de nombreux démélés avec l'évêque et les chapitres de la ville. En 1405, le chapitre de Saint-Aignan, le procureur du roi et le procureur du duc d'Orléans accusent, devant le Parlement, plusieurs de ses suppots d’avoir fait battre Guillaume Daguin, prêtre, chanoine de Saint-Aignan*. L'Université
prepositum Aurelianensem tanquam conservatorem privilegiorum doctoribus, bachalariis et scolaribus Aurelianis studentibus a nobis concessorum », 24 avcil 1343. — En juillet 1312, les règlements de l'Université d'Orléans furent délibérés en Parlement : (Beugnot, préface au t. LI des Olim., pp. LXXVII-LXXX.) — L'année précédente, il y eutau Parlement un procès contre des Orléanais coupables d’avoir violenté des docteurs et des écoliers. V. Olim., t. ITT, p. 538, n° xxxvn. Sur cette Université, cf, H. Denifle, Die universistaten des mittelalters bis 14400. Erster band. Berlin, 1885, in-8, pp. 251 à 269.