‹ Le Parlement de Paris de Philippe-le-Bel à Charles VII (1314-1422). Sa compétence, ses attributionsChapitre 14 sur 337 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

tiques; d'autres faisaient des démarches, des travaux pour les villes qui se les attachaient temporairement en les pensionnant. Ces pensions leur valaient plus de cadeaux que d’argent, et encore étaient-ils obligés de demander au roi l’autorisation d'accepter ‘.

S'ils devaient par raison de famille ou de santé s’absenter, après avoir obtenu du prince des lettres de congé, ils avertissaient la chambre dont ils faisaient partie et priaient le président de confirmer les lettres de congé. A vrai dire, ces occupations, ces absences, sont des exceptions; le plus souvent les membres du Parlement examinaient les pièces des procès, rédigeaient des rapports, quand ils n'avaient pas à remplir le rôle de commissaires, rôle qui leur valait des gages spéciaux et qui était, pour ce motif, fort recherché. N'était-ce pas d’ailleurs un plaisir de quitter la capitale pour chevaucher en grand appareil, à travers la France, aux frais des plaideurs ?

Entre eux régnait une bonne camaraderie, un puissant esprit de corps que forüifiait la confrérie qu'ils avaient constituée.

On s'étonne de les voir. accepter des pensions, des cadeaux et des honoraires spéciaux fournis par les plaideurs, alors qu'ils recevaient du roi un traitement fixe. Ces anomalies vont s'expliquer. La permanence du Parlement eut pour conséquence d'entraîner le traitement des enquêteurs et des juges, prélevé d’abord sur l’excédent des sommes déposées par les plaideurs pour assurer le paiement des frais. A la fin du xim° siècle, le roi paie lui-même les membres de son Parlement à raison de tant par jour de travail. Philippe le Belle premier établit la fixité de ces traitements ou, selon l'expression usitée, de ces gages.

4. Olim, t. If, p. 407, no xvu, an. 1296 ; p. 461, 11, an. 1303.

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