‹ Le Parlement de Paris de Philippe leBel à Charles VII (1314-1422)Chapitre 174 sur 336 · Bouteiller, op. cit., I. I, titre XXXI, p · texte numérisé non relu

Bouteiller, op. cit., I. I, titre XXXI, p

2. Arch. Nat. X<* 1478, f. 231 ; mercredi 5 octobre 1405 : la court défend, jusqu'à plus ample information, aux religieux de Saint-Pierrele-Vif et au prieur de Saint-Leu-de-No (Saint-Loup-de-Naud, près Provins) de se dire possesseurs des reliques de Saint-Loup. Ils se conformeront à la décrétale « Cum ex eo » et en prêchant observeront cet arrêt. Le Parlement fera examiner le corps déposé à Sainte-Colombe par une commission composée de l'archevêque de Sens, de plusieurs évêques et de deux conseillers. — Cf. Papon, op. cit., I. I, titre I, n°6 — voir surtout le grand procès du chef de Saint-Denis dans les Mémoires de la Société de l'histoire de Paris, 1884, t. XI, article de H. François Delaborde.

3. Arch. nat. X'a 1478, f. 340 v° ; samedi 10 septembre 1407 : délibération sur l'arrêt à rendre entre les religieux de Molesmes et le cardinal de Bar, administrateur du diocèse de Langres.

4. On sait qu'au Moyen-âge, l'ennemi était le démon ; — Arch. nat. X1:l 1477, f. 202; samedi 19 avril 1393 : livres trouvés en la possession de Bertrand Bonfils alors détenu dans la prison épiscopale « pour souspeçon d'hérésie». Ces livres seraient rendus à l'évêque « pour estre ars » selon qu'il est ordonné « parla court et les clercs de l'Université ». — X1* 4786, f. 326 : samedi 7 juin 1404 « redditi fuerunt Inquisitori fidei, ad requestam suam et domini episcopi Parisiensis, ex precepto curiae, V vel VI codices de scriptis hujus Wiclif, quos dicebant in fide suspectos et in statum ecclesiae iDJuriosos ». Ces cahiers avaient été trouvés par Roland Bélier, chapelain de la chapelle du Palais, dans les papiers de Robert d'Acquigny, dont il était exécuteur testamentaire. D'Acquigny les avait reçus de Guillaume Lerois, dont il avait été lui-

renvoyait les personnes soupçonnées d'hérésie1. Au commencement du xve siècle les exemples de ces mesures sont rendus fréquents par l'apparition en France des doctrines de Wiclyff que condamna le concile de Constance, sur le rapport de Pierre d'Ailly et des cardinaux de Florence et de Saint-Marc, dans sa troisième, sa quatrième et sixième session. En cela du reste le Parlement se conformait à l'an-

même l'exécuteur testamentaire. Ils se trouvaient réunis dans un volume non relié contenant divers traités « Bernardus de colloquio Symonis ad Jesum... Âugustinus de agone christiano ; — Marcilii de Padua de trunquiiitate ecclesie. Tractatus Guillelmi Parisiensis de collatione beneficiorum. — Les écrits de WiclylF étaient : Tractatus qui dicitur de ordine christiano et spéculum ecclesie militantis. » Cf. Journal de N. de Baye, t. I, p. 90, 91 et la note de l'éditeur. — Sur Marsile de Padoue, v. Journal des Savants, mars 1883, art. d'A. Franck. — L. Pastor, Histoire des Papes dejniis la fin du Moyen-âge, trad. de Furcy Raynaud, t. I, pp. 90 à 96, 170. Marsile fut le précurseur de Valla, de Machiavel, de Luther et de Calvin ; aussi fut-il excommunié. Sur Wiclyff, v. Wallon, Richard II, Paris, Hachette 1864, in-8, t. I, pp. 47 à 51, 128 à 131 et 430 à 434. — Vattier, John Wiclyff; sa vie, ses œuvres, sa doctrine, Paris, E. Leroux, 1886, in-8. — Religieux de Saint-Denys. L. xxxvi, eh. 17, p. 605; ch. 20, 26, 27, 28. — Labbe. Concil, t. XII, col. 264 à 266. (Concile de Constance). — Raynaldi, Annales Ecclesiastici, t. XVII, § 21 et suiv.

1. Arch. nat. X«a 1477, f. 207 v°; mercredi 18 juin 1393 : « à conseiller l'arrest sur la requeste faite par l'évesque de Paris afin que Hennequin de Mets, prisonnier en Chastellet de Paris, clerc non marié, lui feust rendu ; lequel avoit esté prins par le prevost ou son lieutenant pour ce que, par dessus la défense à lui faite, il avoit dist injures et villenies d'un bourgeois de Paris, et sa femme •. et lequel aussi l'évesque de Paris disoit qu'il estoit suspect d'hérésie. Ouy le prevost de Paris sur ce que a assez confessié les défenses à lui faites, et que il a esté prisonnier bien xn jours,, tout veu et considéré, et le registre que a montré l'évesque à la court, et aussi le tiltre de Hennequin, il sera dit que le dit Hennequin de Mes sera rendu à l'évesque chargié des deux cas dessus diz ». — Ici il s'agit d'un clerc, voici un cas concernant un laïque: Xla 4789 f. 138; lundi 22 juin 1411 : Heberl Boin, détenu à la Conciergerie, est réclamé comme hérétique par l'inquisiteur de la foi.

cien usage qui laissait au juge ecclésiastique' le jugement du crime d'hérésie l.

Le Parlement ne manifestait pas encore son aversion pour les tribunaux de l'inquisition; en 1331, il avait même donné gain de cause au grand inquisiteur contre Guillaume de Villars, commissaire royal, envoyé pour réprimer à Toulouse les excès des inquisiteurs2. Est-ce à dire que le Parlement s'interdisait toute immixtion dans ces causes spéciales? non; en 1388 (lundi 7 décembre), à l'occasion d'un débat « touchant la foi » , entre le recteur et l'Université de Paris d'une part et de l'autre les Jacobins, il nomma une commission composée de l'évêque de Bayeux, du chancelier et du premier président Arnaud de Corbie 3. En 1403, il intervint encore pour réprimer le zèle des échevins de Cambrai, qui avaient chassé de leur ville, comme hérétiques (après les avoir emprisonnés), malgré ses ordres, Marie du Cavech, Nicaise de Vaulx, Jaquemart de Dompierre, et plusieurs autres personnes dont l'évêque de Cambrai, Pierre d'Ailly et l'archevêque de Reims, Gui de Roye, se disputaient le jugement. Il obligea les échevins à rappeler les bannis, à leur rendre leurs biens et à les rétablir dans tous

1. P. Viollet, Introduction aux Établissements de Saint-Louis, p. 252. — Dupuy, commentaire cité, t. I, pp. 92, 93.

2. D. Vaissete, L. XXX, ch. 28 (nouvelle édition, t. IX. p. 458) cf. Leclerc : Discours sur l'état des lettres au XIVe siècle, t. I. p. 234. — En 1411 (26 juin), à l'occasion d'un procès entre le vicaire général de l'inquisiteur de la foi en France, appelant et demandeur, réclamant qu'Hébert Boin, prisonnier à la Conciergerie et suspect d'hérésie lui fut remis, le Parlement donna tort au vicaire, mais ne garda pas la cause. Il décida qu'Hébert serait remis pour être jugé à l'évêque de Paris, assisté du ministre des Mathurins de Paris, du chancelier de Notre- Dame de Paris, de divers théologiens et canonistes choisis par lui. Le tout du consentement des parties ; v. Arch. aat. X1» 4789, f. 141 v°, et Journal de N. de Baye. t. II p. 16.

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