SORCIERS, JUIFS, BLASPHÉMATEURS
les honneurs ; de plus les divers procès engagés à ce sujet à Rome, à Reims, à Cambrai et à Paris, furent annulés1.
Il prétendait aussi connaître les cas de sorcellerie , de sortilèges2 et les causes des Juifs. En 1395, il refuse à Pévêque de Paris et remet au prévôt de Paris les procès de plusieurs juifs accusés d'avoir converti au judaïsme Denis de Machault3. Quatre ans plus tôt, il avait jugé le procès intenté par l'Université à un juif, Macé Revel, qui exerçait la médecine 4.
Les blasphèmes, les insultes aux emblèmes religieu: étaient de la compétence du Parlement, même quand les auteurs étaient des clercs5. Quant aux excommunications, alors si fréquentes, dès le xme siècle, le Parlement avai
1. Arch. nat. X»a 1478, f. 92. 206 à 208 (15 avril 1404). Cf. Journa de N. de Baye. t. I. pp. 52, 57, 58, 74, 80, 86, 132 à 134.
2. J. Galli : Quaestio CCXLI. — Dupuy, op. cit., t. I. p. 94.
3. Arch. nat. X1* 1477, f. 595 v° ; 18 janvier. — Félibien, op. cit. preuves, t. II, p. 546.
4. Arch. nat. X»* 1475, f. 243 v° ; jeudi 11 mai 1391. — Félibien, loc cit., p. 544. — Ch. Jourdain : Index chartarum chronologicus, p. 193 n* 871, — v. encore X*& 1477, f. 42 et 44 v° ; jeudi 23 janvier 1393: procès intenté par le procureur général à la communauté des Juifs de Paris. Au XIIIe siècle la coutume d'Anjou reconnaissait que le tribunal compétent était celui du roi quand le demandeur était juif, v. P. Viollet, loc cit., p. 13.
5. Arch. nat., X^6, f. 21, 22: 21 janvier 1329: Entre le prieur et le couvent de saint Ayoul de Provins, et le curé de saint Ayoul, Pierre de Langres ; le curé avait placé dans la chapelle de sainte Marguerite une image de la sainte Vierge; cette image avait été, disait-il, enlevée de nuit et jetée au feu par les religieux qui s'étaient introduits en perçan le mur. Les religieux refusèrent d'obéir au bailli de Troyes et de rempla cer l'image. L'affaire dégénéra en une rixe violente, les religieux démolirent le mur de la chapelle que le curé avait fait réparer. Le Parlement séquestra le temporel du prieuré jusqu'à ce que les religieux eussent payé mille livres d'amende tournois; mais comme le curé avait de son côté fait détruire par la foule la maison et piller le jardin des religieux, il n'obtint aucun dédommagement (28 juillet). — En 1367, le Parlement