APPRECIATION DE LA JURISPRUDENCE DU PARLEMENT
couvent de Saint-Pierre d'Abbeville, pour y saisir les malfaiteurs qui s'y cachaient. Les religieux avaient même essayé de retenir les sergents prisonniers et s'étaient plaints au Parlement '.
§ XII. En résumé, si la conduite du Parlement vis à vis la juridiction ecclésiastique, fut quelquefois assez conciliante, néanmoins tous ses efforts tendirent, d'abord à en arrêter le développement, puis à la restreindre de plus en plus au profit de la juridiction royale. Ses membres, nourris du droit romain et imbus de l'esprit légiste, usèrent de toutes les ressources juridiques afin d'arriver à ce résultat; leur partialité fut souvent évidente : alors que des seigneurs laïques n'exécutaient pas les arrêts qui les avaient justement frappés et demeuraient impunis, les évêques et les abbés étaient rigoureusement poursuivis et la saisie de leur temporel, pratiquée déjà depuis des siècles2, s'exécutait avec une sévérité inflexible que les excommunications ne faisaient qu'accroître3. Aussi les prélats frappés finissaient par se soumettre et alors, si le procureur géné-