MISSIONS DIPLOMATIQUES CONFIÉES AUX CONSEILLERS
§ II. On peut encore expliquer la conduite de la cour, par ce fait que les rois prenaient souvent leurs conseillers, leurs ambassadeurs dans son sein, parce qu'il les trouvait soumis, dociles, et que leur entourage n'offrait pas toujours des hommes aussi instruits, aussi dévoués.
Les exemples abondent. En 132o, Pierre de Cugnières assiste aux conférences d'Arqués, et en 1342 et 1343 il est un des négociateurs chargés de régler la cession du Dauphiné. Simon de Bucy prend part au traité de Brétigny. Son successeur, Guillaume de Séris, au nom de Charles V, traite en 1373 avec le Pape. Arnaud de Corbie remplit de nombreuses missions : à Bruges (1377), en Bretagne (1380) et aux conférences de Leulinghen (1381). Jean de Popaincourt négocie en 1402, à Boulogne, le retour d'Isabelle de France, reine d'Angleterre. Huit ans plus tard, Henri de Marie est ambassadeur en Aragon. Philippe de Morvilliers est envoyé en Bretagne en 1422.
Qu'on ne pense pas que les premiers présidents seuls aient l'honneur de représenter le prince. Des seconds présidents Jacques La Vache en France, Philibert de Paillart, en Autriche, en Allemagne et en Luxembourg1, Simon de de Nanterre avec un quatrième président, Jean de Vailly. à Lagny, auprès du duc de Bourgogne2, ce même Jean de Vailly, l'année suivante à Calais3 étaient honorés de sem-
plaire au duc de Bourgogne (Religieux de Saint-Denis, t. I. p. 570). En général les conseillers évitèrent de se prononcer pour les Armagnacs ou pour les Bourguignons, occupés qu'ils étaient à essayer de pacifier le royaume. Il est pourtant probable que la majorité se ralliait aux Armagnacs puisque le duc de Bourgogne fit une épuration et y introduisit de ses créatures en 1418, pour modifier l'esprit des Chambres.