MISSIONS DIPLOMATIQUES CONFIEES AUX CONSEILLERS
blables faveurs. Bien plus, de simples conseillers sont employés à des missions diplomatiques. Jean de Cloye en Portugal, Firmin de Coquerel à Avignon, Gilles de Maudetour et Philippe de Trois-Moulins en Normandie, d'autres traitent avecles princes ligués, ou avec le roi d'Angleterre1.
nombreuses missions. Le 10 novembre 1418, il prend part aux conférences d'Alençon, en compagnie de Jean de Nourry, archevêque de Sens, de Louis de Châlons, comte de Tonnerre, et de l'amiral Robert de Braquemont, (id. ibid).
1. FYoissart. L. I. ch. X, g 44, édit. S. Luce. — Philippe le Bel envoie Jean de La Ferté, archidiacre de Bruges, en Espagne, jusqu'à Séville (compte de la Chandeleur, 1293). — Denis de Sens à Toulouse, à Citeaux, et dans la province de Reims. — Pierre de FJavigny, à Rome, ainsi que Jean de Rougemont, Jean de la Forêt et Guillaume du Rieu en Angleterre, Jean de Montigny auprès du duc de Bourgogne, Pierre de Monci et Philippe le Convers en Allemagne (an. 1299), Gilles de Remin à Rome (an. 1301). Cf. L. Delisle : Mémoire sur les opérations financières des Templiers, pp. 56, 57, 60. — « 16 janvier 13-45. Magister Johannes de Cloya, clericus et consiliarius domini Régis, missus festinanter ad partes Yspanie ad Regem Portus Gallie pro certis negotiisdictum regem tangentibus, pro denariis sibi traditis pro expensis suis in dicto viagio faciendo VI" 1. p. comp. per se. » (H. Moranvillé. Extraits de journaux du trésor. Bibliothèque de l'École des Chartes, 1888, p. 155, n° 3. — 16 mai 1346 : « Ferminus de Coquerello, clericus et consiliarius domini Régis, missus apud Avenionem, pro certis negotiis ibidem pro ipso Rege expediendis, pro denariis sibi traditis per magistrum monete Montispessulani 1111e L. t. valent IIIe XX L. par. per litteras gentium compotorum et cedulam curie. »(id. ibid. p. 168, n° 78). 7 mars 1354. M. Gilles de .Maudetour, clerc, et sire Philippe de Trois-Moulins, chevalier, conseillers, envoyés avec Robert de Hotetot, maître des arbalétriers, dans le comté de Beaumont-le-Roger (Eure, chef-lieu de canton, arrond. de Bernay), les chatellenies de Conches (Eure, chef-lieu de canton, arrond. d'Evreux), de Breteuil (même canton), dans la vicomtéde Pont-Audemer, le Cotentin et les vicomtes de Valognes et de Carentan (Manche, cheflieu de canton, arrond. de Sainl-Lù) pour traiter avec le roi de Navarre. {id. ibid., p. 201, no 197). Mission d'Alfonse Chevrier et de Jacques le Riche en Angleterre (1361), de le Riche encore dans ce même pays, ù lu suite de Guillaume de Dormans en 1366. (H. Moranvillé. loc.cit.n°253. — Un Tillet : Recui il 'les traictés d'entre les ruys de France et d'Angleterre . — Eu 1371, Charles V envoie Ferry de Mez à Montpellier s'en-
§ III. Les relations si fréquentes du Parlement avec le Grand Conseil, leurs travaux en communs pour des affaires qui concernaient le Roi et l'État, semblaient aussi autoriser les prétentions des magistrats. Ces relations, M. N. Valois les a fort bien décrites :
« Tantôt, dit-il, c'est le Parlement et le Grand Conseil, « celui-ci et la Chambre des Comptes, ou tous les trois en c même temps qui se réunissent en assemblées plénières, « de façon à recomposer, pour un instant, le faisceau de « l'ancienne Cour royale. Tantôt il y a réunion partielle : « le Grand Conseil ouvre ses portes à des gens des Comptes, « à des parlementaires, ou bien les Cours fournissent des
tendre avec le roi de Navarre: en 1377, il charge Jean de Demeville de traiter à Rruges avec les Anglais. (L. Delisle : Mandements de Charles V no 821, 1G32, 1635). — Dans les négociations relatives au mariage de Louis de France, frère de Charles VI, avec Valentine Visconti, furent employés, les conseillers : Jean de Montagu, à iMilan (mai 1386), Pierre d'Orgemont, évêque de Paris, avec le premier président Arnaud de Corbie (septembre 1386). (V. E. Jarry : La vie politique de Louis de France, duc d'Orléans, 1372-1407. p. 29. Paris, Picard 1889, in-8. — En septembre 1398, mission d'Oudard Gencien à Chaumont-en-Bassigny (H. Moranvillé. Loc. cit., n° 484 ). — Le 27 juillet 1411 : trois conseillers accompagnent le premier Président, député vers la reine et le duc de Berry pour amener une réconciliation entre les princes (Arch. Nat. X1* 4789, f. 166, v°. Religieux de Saint-Denis, t. IV. p. 441). La même année, 5 novembre, sont envoyés vers le duc de Bourgogne, avec le prévôt des marchands, les conseillers Philippe du Puy, Jacques du Gard, Guillaume de Bèze et Gilles de Clamecy (X|a, 1479, f. 174. Journal de N. de Baye, t. II, p. 29). — En 1418, Guillaume Le Clerc est chargé par le roi d'aller à Melun traiter avec Henri V (Religieux de Saint-Denis, L. XXXIX,chap.XX).En 1419, Jean Girard accompagne l'évêque deSaint- Papoul en Savoie. (De Beaucourt : op. cit., t. I,p. 313). — En 142V, Girard retourne à Chambéry (De Beaucourt, op. cit., t. II, p. 357). — Guillaume Charlier avait assisté au Congrès d'Arras (id. ibid., t. Il, p. 525). — Adam de Cambrai, fut chargé par Charles VII de plusieurs missions auprès du duc de Bourgogne. (Id. ibid., t. II, pp. 424, 515, t. III, pp. 37, 106).
« sièges aux gens du Conseil du Roi... Certaines résolu- « tions importantes furent prises d'un commun accord par « les gens du Conseil et des Comptes, par ceux du Parle- « ment et du Conseil, du Parlement et des Comptes1. »
Aussi, au xviL' siècle, L'IIospital prétendait-il que les membres du Parlement étaient conseillers du Roi , non seulement pour juger les procès mais aussi pour les grandes aiïaires de l'Etat, quand il plaisait au prince de les convoquer2.
Durant la période qui nous occupe il y eut toujours des parlementaires admis au Conseil. L'article io de l'ordonnance du 17 novembre 1318 reconnaissait au Roi le droit de choisir des membres du Parlement pour en faire partie3.
Le premier président y avait son entrée4, et en 1420, les gens du Roi disaient qu'il était de droit premier maître des Requêtes de l'Hôtel et membre du Grand Conseil".
Réciproquement, les membres du Grand Conseil prétendaient siéger Parlement comme à la Chambre des Comptes et, en 1389, ils finirent par faire consacrer leurs
1. N. Valois : Inventaire des Arrêts du Conseil d'État, t. I. Introduction ch. I. Paris, imprim. Nation., 1886, in-4. — cf : Pardessus, op. cit., pp. 145, 146. — Arch. Nat. X,a 15, f. 256 à 258 : le roi assemble son Grand Conseil au Parlement pour s'occuper des aQaires de l'Université de Paris. 6 septembre 1354.
2. Mémoires de Condé, t. II, p. 396, cité par M. Valois, loc. cit.