Religieux de Saint-Denis, I. XXIII, ch
prononça aussi pour Benoît XIII et demanda pour lui la protection du Roi '.
Henri III, roi de Castille, et Martin le vieux, roi d'Aragon, soutenaient la cause de leur compatriote. Au commencement de l'année 1403, le premier envoya des ambassadeurs à Charles VI. On les reçut le 16 février dans la chambre Verte du palais, où le roi, les princes, les conseillers « écoutèrent aucunes propositions sur ce qu'avoient pro- « proposé aucuns légat du royaume de Castelle sur la « restitution de l'obeyssance soubstraicte à Benedic, der- « rainement élu en Pape, pour laquelle restitution con- « cluoient et avoient conclu 2 ».
Peu de temps après, on apprit que les cardinaux opposants avaient de nouveau reconnu Benoît XIII, que celui-ci leur avait pardonné, les avait bien traités, et que cédant à leurs prières il avait aussi pardonné aux Avignonnais qui le rappelaient \ Le pontife triomphant l'avait fait savoir à Charles VI par le cardinal de Poitiers et le cardinal de Saluées, lesquels avaient été reçus à l'hôtel Saint-Pol; là le cardinal de Poitiers avait prononcé un important discours (23 mai). Les universités de Toulouse, d'Angers, d'Orléans et de Montpellier furent d'avis plus que jamais que Ton rentrât dans l'obédience du pontife. Les ducs de Berry et de Bourgogne s'y opposaient. Le duc d'Orléans, partisan de l'obédience, fit sonder les évêques de France et profitant du retour de l'opinion vers Benoît les convoqua à l'hôtel Saint-Pol, le 28 mai, en l'absence du roi et de ses oncles.
1. 7 juillet 1402. Cf. J. Tardif: Cartons des Rois, n° 1796. — Sur l'université d'Angers, v. H. Denifle, op. cit., 270 à 290.
2. Arch. Nat., Xia 1478 f. 97 v». Cf. Journal de N. de Baye, t. 1. p. 56.
3. 29 avril 1403. Religieux de Saint-Denis, L. XXIV, ch. 4. — Juvénal des Ursins, an 1403.
La restitution d'obédience fut décidée. Le duc en avertit Charles VI, qui se prononça pour elle et jura de la faire publier. Dans les églises on chanta des Te Deum. Les ducs de Berry et de Bourgogne commencèrent par se fâcher, puis le premier se rangea à l'avis du Roi et finit par gagner le second; c'est alors que l'Université de Paris revint à la restitution de l'obédience, laquelle fut un fait accompli '.
Le Roi chargea Pierre d'Ailly de prêcher à Notre-Dame sur ce sujet important et de lire l'acte de restitution, article par article. Entre autres choses, il y était demandé ladimi nution des charges qui pesaient sur les églises de France le maintien des collations et promotions faites durant soustraction par les ordinaires. Le duc d'Orléans avait assu ré que Benoît XIII convoquerait en concile, dans le plus bref délai, tous les évêques qui le reconnaissaient, et s'occuperait avec eux de faire cesser le schisme2. Le tout fut annoncé à ce pape; mais il était toujours aussi peu sincère3, malgré les instances du duc d'Orléans qui le poussait à tenir les promesses faites en son nom1. Cependant il fit proposer à Boniface IX de conférer avec lui3. Sur ces entrefaites, ce dernier mourut et fut remplacé par Cosme Meliorati, cardinal-prêtre de Sainte Croix de Jérusalem, couronné le 11 novembre, sous le nom d'Innocent VII G.
1. Religieux de Saint-Denis, ibid., cl). 5. — Arch. Nat., X-a 14 f. 121 aujourd'uy : (28 mai 1403) a esté restituée l'obéissance à Notre Saint Père le Pape Benerlic par le Roy, cf. Journal de N. de Baye, t. I, p. 67. — D. Vaisseie, op. cit., L. XXXIII, p. 993. — Ju vénal desUrsins, ao 1403. — Jarry, op. cit., pp. 281 et suiv.