CONFLITS AVEC LES RÉFORMATEURS GÉNÉRAUX
Il n'y avait pas jusqu'aux Réformateurs généraux envoyés dans les provinces pour suppléer à l'insuffisance des autorités locales, juger la conduite des officiers royaux, ' les nommer ou les révoquer, délivrer des lettres de rémission, de noblesse, de légitimation, faire des traités1, etc., et dont les sentences étaient réputées sans appel, qui n'aient eu à subir la juridiction du Parlement. En 1389, Pierre de Fresnes, procureur de Jean Marquet et de Jean Durand, demeurant à Cbâlons, vint signifier aux présidents Guillaume de Sens et Pierre Boschet que ses deux clients interjettaient appel de deux sentences rendues par les généraux réformateurs et en demanda 1'enregïstrement !. (Juatre ans plus tard, Bureau de Dammartin, changeur, cousin de Pierre deLesclat, maître des requêtes de l'Hôtel appela aussi d'une sentence des réformateurs « donnez par le Roy à cognoistre par especial de mauvais contracs, illicites ou usuraires faiz par ce royaume» qui l'avaient condamné à une amende de 20,000 écus. A la requête de son cousin, le Parlement lui accorda, des lettres pour les faire ajourner3.
§ IV. — Ces procès relativement rares mis à part, quelles étaient, avec celles que suscitait l'application des cas royaux , les causes les plus fréquemment jug-ées au Parlement?
Ces causes étaient les mêmes qui de nos jours se présentent le plus devant les tribunaux, mais il faut y ajouter celles que soulevait le droit féodal.