Mémoires d'OMBR Talon, t. VI, p
sairc de se laisser emporter au torrent. Chacun n'avait pensé que de trouver moyen de conserver sa vie ; le travail cessa entre tous les artisans, le trafic et le commerce entre tous les marchands1. »
Le Parlement, maître de Paris, y exerça tous les pouvoirs et sa puissance ne connut plus de bornes. Il est juste d'ajouter qu'il pouvait invoquer la force majeure pour se justifier et qu'il régnait dans la ville un grand enthousiasme en sa faveur. Si on avait demandé à tous ceux qui prenaient part à ce mouvement où ils voulaient aller, ils auraient été bien embarrassés de le dire. Mais l'esprit frondeur des Parisiens avait trouvé libre carrière et il en profitait. Il fallait des troupes et de l'argent. Le Parlement leva et organisa une armée. Chacun des seize quartiers de Paris fournissait un régiment divisé en compagnies; les colonels étaient choisis parmi les principaux magistrats et les plus notables habitants. Soldats et officiers recevaient une solde; le Parlement souscrivit pour 60 000 livres; les conseillers créés en 1645 donnèrent 500 000 livres et en retour on leur pardonna leur origine récente et ils furent autorisés à disposer de leurs charges comme les autres2. La Cour des aides et la Chambre des comptes furent invitées à se taxer3. Onze cents clercs du Palais vinrent offrir de prendre les armes et se mettre au service du Parlement. Le premier président répondit à la députation, qui lui demandait un chef, de se rendre à l'Hôtel de Ville où on lui en donnerait un. Le duc d'Elbœuf ayant été nommé généralissime des armées de Paris, le prince de Conti et M. de Longuevillle en témoignèrent un véritable mécontentement. Ils vinrent offrir leurs services au Parlement ainsi