Isambert, t. XV, p. 5 et
générale.
siéger qu'après la fête de Notre-Dame de septembre et à ne prononcer quinter volentes. Toujours soucieux de ses intérêts il réclamait des modifications dans ses gages ; enfin il décidait d'adresser des remontrances au duc de Mayenne, à raison des mauvais traitements que les gens de guerre faisaient souffrir au peuple1. En réponse à ces actes et dès le 23 août, le roi Henri IV confirmait le Parlement établi à Tours1.
En province le désordre était à son comble. On se demandait si la dernière heure de la France avait sonné et ce qui restait de la monarchie. Les parlements de Dijon et de Grenoble, à l'imitation de celui de Paris, reconnaissaient le cardinal de Bourbon second prince du sang pour roi, le duc de Mayenne pour lieutenant général et ordonnaient que les monnaies seraient frappées au coin de Charles X. Le 23 septembre 1589, le parlement de Rouen proclamait aussi Charles X, déclarait criminels de lèsemajesté divine et humaine, ennemis de l'État et couronne de France tous les adhérents du roi de Navarre, eux et leur postérité, privés de tous les privilèges de noblesse, indignes de posséder aucuns bénéfices ni dignités, leurs états vacants et impétrables, leurs biens et héritages acquis et confisqués au roi Charles X3. Le parlement de Toulouse ordonnait des prières publiques pour remercier Dieu de la mort de Henri III, déclarait Henri de Bourbon indigne de succéder à la couronne, comme atteint et convaincu de plusieurs crimes notoires et défendait de le reconnaître pour roi sous peine de mort. Le parlement
1. Le 1er novembre 1589, le Parlement vérifia la déclaration du conseil de la Ligue portant que le cardinal de Bourbon était reconnu pour roi et que le duc de Mayenne resterait lieutenant général jusqu'à la délivrance de Charles X. Voy. L'Estoile, Journal du règne de Henri IV, t. V, p. 260.