‹ Le parlement de ParisChapitre 54 sur 238 · Poirson, Histoire de Henri IV, t. I, p · texte numérisé non relu

Poirson, Histoire de Henri IV, t. I, p

ni les réformes financières qu'elle introduisit1. On sait que cette assemblée proposa la nomination d'un Conseil dit de raison qu'elle aurait elle-même choisi et qui aurait eu la gestion de la moitié des revenus du royaume, l'autre moitié restant seule à la disposition du roi8. Ce qui nous importe, c'est de constater que dans ces graves conjonctures, alors qu'il s'agissait de continuer la pacification du royaume et de créer des ressources au trésor public , le roi ne craignit pas de soumettre ces questions à ses magistrats et de les mêler ainsi aux affaires politiques. Les contemporains s'en sont bien aperçus et n'ont pas manqué de le relever; ils ont même constaté avec soin que tous les premiers présidents des parlements faisaient partie de cette assemblée des notables3.

Les magistrats, entourés des autres représentants des ordres de l'État, savaient se mettre à la hauteur des circonstances et se montrer capables de sacrifices. Mais, abandonnés à eux-mêmes, ils reprenaient bien vite leur esprit légiste, égoïste et étroit. On en eut bientôt la preuve. La guerre continuait avec les Espagnols, et l'archiduc Ernest, gouverneur des Pays-Bas, était même parvenu à s'emparer par surprise de la ville d'Amiens4. Il fallait à tout prix déloger l'Espagnol de cette position redoutable, et, pour se procurer des ressources, Sully fut encore une fois obligé de créer des charges de finance et de judicature5.

1. Voy. à cet égard Picot, Histoire des États généraux, t. IV, p. 125 et suiv.

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