‹ Le parlement de ParisChapitre 63 sur 238 · L'Estoile, op. cit., t. VII, p. 507 et · texte numérisé non relu

L'Estoile, op. cit., t. VII, p. 507 et

se procurer des ressources, le roi voulait recourir à des moyens qui avaient déjà autrefois jeté le trouble : il s'agissait de changer la valeur des monnaies. Dès l'année 1602, le roi présenta au Parlement un édit sur le haussement des monnaies ; le Parlement refusa de l'enregistrer. Pour vaincre sa résistance, le roi lui défendit d'entrer en vacances avant d'avoir accepté l'édit. Le Parlement se réunit le 9 septembre et les jours suivants pour discuter la question et décida des remontrances qui furent présentées au roi par les présidents de Thou et Séguier. Le roi reçut fort mal ces magistrats, leur déclara qu'il entendait que l'édit fût vérifié et qu'il n'y fallait pas manquer1. A mesure que son trône s'affermissait, Henri IV devenait plus absolu. Lorsque au mois de juin 1605 il fut remis d'une grave maladie qui avait mis ses jours en danger, le Parlement alla le saluer et le complimenter au sujet de son rétablissement. Il déclara aux présidents qu'il avait vu le moment où ils allaient devenir les tuteurs du dauphin son fils, mais il ajouta qu'il espérait bien qu'il serait le leur2.

En retour du service que le pape lui avait rendu par l'annulation de son mariage avec Marguerite de Valois, Henri IV, pour satisfaire le souverain pontife, songeait depuis cette époque à laisser les jésuites rentrer en France. Au mois de septembre 1603, il fit porter un édit en ce sens au Parlement. Celui-ci s'empressa de répondre par d'énergiques remontrances. Le premier président de Harlay, s'adressant directement au roi, reprocha aux jésuites leur ambition, leur doctrine condamnée par la Sorbonne, dangereuse pour la jeunesse, leur ordre semblable à une assemblée de factieux qui ont préparé et soutenu la Ligue, promis une obéissance absolue au pape, déclaré que les clercs ne sont pas sujets du roi, mais seulement du Saint-

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