L'Estoile, op. cit., t. VII, p. 206 et
férences furent tenues, les unes chez Zamet, les autres chez le chancelier. Les premières étaient composées de conseillers d'État qui étaient d'avis de recevoir le concile ; mais chez le chancelier, les présidents du Parlement et les gens du roi s'élevèrent tous contre le concile de Trente. La discussion devint si orageuse que le chancelier, d'humeur très douce cependant à l'ordinaire, s'emporta jusqu'à dire que le roi voulait l'introduction du concile de Trente en France et qu'il trouverait bien le moyen de les contraindre à l'accepter. La vérité est que le roi était très perplexe. Les protestants publiaient des libelles contre le concile de Trente. Le roi n'ignorait pas qu'il les mécontenterait. A un certain moment, il se demanda si, pour son instruction personnelle, il ne convoquerait pas un concile national auquel on appellerait quelques ministres protestants. Il finit, pour satisfaire les protestants et le Parlement, par renoncer au concile de Trente. C'était un moyen de conciliation qui eut pour résultat de rapprocher le Parlement des protestants. Mais le roi, toujours soucieux d'apaiser les jalousies, voulait aussi donner aux catholiques des gages de son bon vouloir1. C'est ainsi qu'en 1601 le roi défendit à l'avenir l'exercice du culte protestant au Louvre ; de son côté, le Parlement commençait à recevoir des conseillers protestants sans que leurs collègues leur fissent mauvais visage2.
Mais les difficultés allaient renaître au sujet des finances. Difficultés Il fallait au roi des ressources considérables pour réaliser et au sujet ses vastes desseins politiques. Le Parlement, qui ne les des jésuites, comprenait pas ou n'en soupçonnait même pas l'existence, ne songeait qu'à sauvegarder les intérêts du peuple. Pour
1. Voy. Mémoires de Mme de Mornay, t. I, p. 570, 595. En 1602, Du Plessis fit encore un traité contre l'admission du concile de Trente.