‹ Le parlement de ParisChapitre 67 sur 238 · Voy. les Mémoires de Mme de Mornay, t. I. p. 188 et suiv · texte numérisé non relu

Voy. les Mémoires de Mme de Mornay, t. I. p. 188 et suiv

fameux édit du pied fourché. Il ne manquait aucune circonstance pour montrer sa mauvaise humeur. Un plaideur ayant tenté d'assassiner un magistrat avait été presque immédiatement arrêté, jugé et exécuté. Le roi ne put s'empêcher de dire que le Parlement ne se serait pas tant hâté s'il s'était agi d'un crime contre Sa Majesté1. Aussi quelques jours après, au mois d'août, fit-il venir le Parlement; « il les tança fort et gourmanda sur des édits qu'il n'avait tenu compte de faire publier, entre autres celui du pied fourché, leur usant de menaces qui ressentaient plus sa maladie que son naturel2 ». Les difficultés furent particulièrement graves au sujet d'un édit des monnaies, imaginé par Sully pour donner des ressources au roi et lui permettre de poursuivre ses grands desseins. Le roi essayait encore une fois de vaincre la résistance du Parlement pour l'enregistrement de cet édit et de plusieurs autres, en les lui proposant au moment des vacances et en menaçant les magistrats de ne pas en profiter tant qu'ils n'auraient pas enregistré. Mais les magistrats déclarèrent unanimement qu'on ne pouvait, pas plus en les obligeant à rester à Paris qu'en leur promettant d'aller dans leurs maisons des champs, les décider à vérifier des édits qui sont la ruine des familles et des peuples5. La Cour refusait aussi d'enregistrer redit des nantissements qui ne valait pas mieux que celui des monnaies. On ne se gênait pas pour dire que le roi imitait Philippe le Bel, et une véritable agitation finit même par régner dans Paris. Sully fit tous ses efforts pour décider le Parlement à transiger. Il se rendit chez le premier président qui resta inflexible. La justice, disait-il, lui interdisait de souscrire à de pareilles mesures. En vain Sully lui répondit avec

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