‹ Le parlement de Paris, son organisation, ses premiers présidents et procureurs généraux avec une notice sur les autres parlements de France et le tableau de MM. les premiers présidents et procureurs généraux de la Cour de Paris 13341859 (volume 2)Chapitre 1 sur 99 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Eu étudiant l'histoire de notre ancienne organisation judiciaire, j'ai été conduit à écrire la monographie du Parlement de Paris. Cette institution a précédé, engendré et dirigé toutes les autres. A chaque pas. on se trouve en présence d'événements et de personnages dont l'intérêt et la grandeur attirent. Aujourd'hui môme, le souvenir de cette grande compagnie rayonne encore sur celles qui lui ont succédé. Nos lois et nos formules judiciaires n'ont-elles pas leurs racines dans le passé ?

Ce qu'on lira, dans cet ouvrage, se trouve épars dans une foule de livres, oubliés ou ignorés maintenant.

J'ai toujours invoqué les témoignages contemporains des faits, et j'ai cru devoir, plus d'une fois, céder la parole aux citations.

L'histoire ne doit pas être seulement un spectacle, niais aussi une leçon, et cette œuvre ne sera pas stérile,

tt i>réfàcë.

si, en instruisant le lecteur, elle lui offre des pages qui

l'intéressent et le fassent penser.

Nous n'avions ni le temps, ni l'autorité nécessaires pour suivre, à travers les siècles passés, la vie des Parlements, profondément mêlée d'ailleurs à toutes les pages, glorieuses ou sombres, de notre nationalité. Il nous a paru bon de pénétrer le sens des anciennes formes judiciaires et d'en indiquer le fonctionnement Les Parlements, en effet, furent une institution originale, toute Française qui, sortie, en un jour, des besoins de la royauté, s'établit peu à peu, s'enracine, se popularise jusqu'au xvnf siècle, où elle s'énerve avec tout le reste, succombe sous ses fautes, et s'abîme dans le naufrage universel (1). Elle était vivace pourtant cette institution; un jour, un roi de France ayant besoin d'argent, trouva simple de mettre en vente... quoi? La puissance publique. Elle fut achetée, elle devint la propriété des acheteurs. Qui l'eût cru? De cet opprobre de la vénalité des offices sortit une magistrature admirable, la splendeur et la force des derniers siècles de la monarchie (2). Les Parlements eurent leurs jours d'éclat, de gloire et de lutte ; ils montrèrent de grands caractères, de sublimes

(1) Études parlementaires, par M. de Carné (4859).

(3) Discours sur la scptennalité, 3 juin 1824, par Royer-Collard.

PRÉFACE. lit

dévouements, des hommes qui surent mourir, par vertu (1 ). Ceux qui avaient vécu dans ce temple honoré de la justice, savaient qu'ils ne périssaient pas tout entiers et que leur souvenir serait pieusement conservé, par les compagnies auxquelles ils avaient appartenu. Aussi, à cette famille, ils léguaient leur suprême pensée, leur modeste héritage .

Par son testament (2), transcrit au Parlement de Dijon, le 10 février 1560, le conseiller Etienne de Ber» bisey lègue aux présidents et à la cour de Dijon : « une » horloge, avec son étui et coffre de bois, que je prie » être mis, soit en la grand' chambre, tournelle ou cha- » pelle, qui servira pour leur donner quelque a/ertisse- » ment du temps qu'ils feront le service du Roy, en » sadite justice souveraine, ou autrement eux s'en aider » ainsi qu'il leur plaira, et lequel je veux être présenté » par mes exécuteurs, en pleine assemblée du conseil. » et qu'il soit bien poli et en bon ordre, ainsi qu'il ap- » partient, par un maître horloger, sonnant les heures » pour la première fois, seulement, au lieu où il sera » mis dans la chambre du conseil, lequel petit legs je » les supplie très-instamment vouloir bien accepter de

(4) Emori per virtutem. Sallustc, in Catilina. (2) Histoire du Parlement de Dijon, par M. le président de la Cuisine.

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