‹ Le parlement et la Fronde. La vie de Mathieu Molé. Notices sur Édouard Molé et le comte MoléChapitre 6 sur 16 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

Faiit-il en conclure que le Parlement de Paris a été une institution inutile aux libertés publiques et qu'il ne donnait aucune garantie aux intérêts de la nation; qu'il ne la représentait point, et n'était point délégué par le suffrage populaire, ni même par l'opinion publique?

Ou bien, avec les historiens et les publicistes, qui ne voient le salut et le repos, que dans l'humble obéissance à un pouvoir absolu, faut-il dire que le Parlement s'arrogeait, sans aucun droit, une intervention dans les affaires publiques; qu'il entravait le gouvernement , troublait l'esprit public , contrariait et impatientait le roi?

Ce serait renier une des gloires de la France, désavouer le témoignage de la tradition nationale, et l'opinion des hommes les plus sages et les plus éclairés, notamment de Bossuet et de Montesquieu; ce serait même repousser les louanges des publicistes étrangers.

Au lieu d'accuser le Parlement de l'imperfection de son institution, il serait plus juste de remarquer, que l'esprit dont il était animé, les vertus et le mérite des grands magistrats, la combinaison d'une courageuse indépendance avec une consciencieuse fidélité, le respect des traditions et des maximes consacrées par le temps et presque toujours acceptées par les rois et la nation, ont suppléé aux attributions qui lui manquaient. Il s'est acquitté constamment de son principal devoir; il a été le défenseur delà loi contre l'arbitraire.

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