X PRÉFACE
Ce n'est pas à dire que le Parlement fût une institution telle, que les intérêts et les libertés du pays y trouvassent une véritable et efficace garantie. Cette compagnie n'était point une assemblée des représentants de la nation, elle n'avait pas la mission expresse de contrôler l'administration du royaume; elle n'était point déléguée pour voter les impôts et allouer les dépenses. La souveraineté judiciaire lui était même contestée. Elle ne pouvait opposer un refus définitif aux volontés du Roi, ni même faire entendre ses remontrances, sans en avoir obtenu la permission. Les efforts les plus courageux pouvaient échouer contre un pouvoir absolu, lorsqu'ils ne réussissaient pas à le persuader.
Faire écouter ses remontrances, ne rien dissimuler au roi; lui expliquer l'erreur ou l'iniquité d'une volonté que lui avaient inspirée ses conseillers; servir d'organe aux plaintes et aux murmures du peuple; annoncer quels dangers pourraient en être la suite; prendre soin de concilier dans son langage la liberté et le respect: ainsi procédait le plus souvent l'opposition du Parlement. Lors même que les remontrances s'exprimaient, ce qui était rare, avec un ton de mécontentement et d'aigreur, elles n'avaient point un caractère séditieux. — « Sauf le bon plaisir du Roi,» était la formule prononcée ou sous-entendue, qui terminait les discours les plus courageux.