XIV PRÉFACE
saient pas au Parlement une grande autorité; il fut décimé et opprimé ; mais il eut le courage de la résistance. En définitive, il donna force à laloi, et ce fut par droit de naissance, et non point par droit de conquête ou de révolution, que Henri IV monta sur le trône. Toutefois le Parlement ne tient pas une place considérable dans l'histoire de la Ligue, et la biographie d'Edouard Mole comporte peu de détails.
Il en est tout autrement de la vie de son fils, Mathieu Mole. La raconter, c'est écrire l'histoire de la Fronde. En effet, tous les événements, toutes les variations de la Fronde se rattachent aux délibérations et aux actes du Parlement. L'autorité royale, la sédition et les cabales des partis y cherchèrent toujours un appui et une sanction légale.
Or Mathieu Mole est le véritable représentant, et, comme on dirait, dans le langage actuel, l'idéal du Parlement. Il avait le caractère, la tradition, les vertus parlementaires ; il défendit avec la même force d'àme, et toujours dans une juste mesure, l'autorité royale ou les intérêts du peuple; il résista aux menaces d'une populace furieuse, aux intrigues des ambitieux, aux séductions de la cour. Il eut à débattre les attributions de sa compagnie, à maintenir la liberté d'opinion et de parole des magistrats. Sa grande et respectable figure s'élève au-dessus de la confusion de ce drame dont le dénoùment fut amené par la détresse et la lassitude,