‹ Le parlement et la Fronde. La vie de Mathieu Molé. Notices sur Édouard Molé et le comte MoléChapitre 9 sur 16 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

OÙ les luttes stériles de l'ambition et des intérêts personnels avaient jeté la France.

Mais donner encore une histoire de Ja Fronde, lorsqu'elle a été écrite si souvent, et récemment avec un succès mérité par M. de Sainte-Aulaire et M. Bazin ; mais raconter ce qu'on peut lire dans les 31émoires du cardinal de Retz^ dans ces récits où brille tant d'esprit, et même un grand esprit, -où les scènes sont si vivantes, les jugements si pénétrants, où tant d'intrigues et de dessous de cartes sont mis au jour, — n'est-ce pas une entreprise téméraire et hasardeuse?

Ce qui peut l'excuser, c'est que l'histoire de la Fronde n'a pas encore été écrite au point de vue du Parlement : c'est là pourtant où venaient aboutir toutes les questions; c'est là que les paroles et les actes prenaient un caractère officiel. C'est précisément à cette époque qu'on peut le mieux juger le mécanisme du gouvernement monarchique; la marche que suivaient les affaires d'État ; les attributions reconnues ou contestées du Parlement.

On semble aujourd'hui si découragé des formes délibératives, du contrôle exercé sur l'administration publique et des garanties données aux droits civiques et privés, que l'on en est venu à jeter un blâme rétroactif sur nos anciennes institutions; non point parce qu'elles étaient insuffisantes , mais parce qu'elles laissaient subsister une possibilité de réclamation et d'examen.

Page 1