Breunot, II
fait, les Parlementaires semblaient disposés à adopter cette solution. Mais l'entreprise exigeait de la détermination, de laudace même : précisément, les conseillers dijonnais étaient tous des hommes timides et faibles. Le Parlement avait été privé de ses hommes énergiques par le schisme de iSSg. si bien que. malgré leur conviction et leurs préférences, les magistrats dijonnais étaient encore trop prudents en i594, pour se risquer à devenir ouvertement les chefs du parti « politique » et pour prendre en main sa direction à l'heure décisive '.
L'affaire même de la récei)tion de La Verne vint fournir au parti « politique y, ce qui lui manquait : un chef^. La Verne, en etlet, qui n'avait demandé un office de conseiller que dans la crainte d échouer aux élections municipales, se voyait évincé aussi bien du Parlement que de la Chambre de Ville. Son ambition le poussa à tenter ses dernières chances auprès des Parlementaires, pour obtenir sa réception : il supplia. Mis en relations avec les magistrats, notamment avec les conseillers ses parents ', ceux-ci Taltirèrent dans leur parti: ils le persuadèrent, peu à peu. le convainquirent de l'impuissance de la Ligue, surent le circonvenir et le gagner*: enfin et surtout, ils s'adressèrent à son ambition et le séduisirent par des promesses d'argent ou d'honneurs. Ils le décidèrent ainsi à accejjter le rôle de chef nominal d'un complot dont eux-mêmes, habilement, surent inspirer le plan détaillé.
La tiniiililé naturelle de ces magistrats qui. en 1589. par