Bhki'not, 11, 5i
6 Breinot, II, 5i;, 5iS.
ce qu'on avait défendu et proclamer à la face de tous que six ans durant on avait été des rcl^ellcs ' ». Le premier président prit la parole et dit que, le roi étant huguenot, le Parlement avait fait un arrêt juste et sain défendant de le reconnaître, mais, puisque Dieu lui avait touché le cœur et l'avait rappelé au giron de l'église, il n'y avait plus moyen de lui dénier obéissance ; que le Parlement était le Parlement du roi et non de Mayenne ; que, par conséquent, il fallait reconnaître Henri IV ^ Les ligueurs', sans oser protester ouvertement, « tournaient autour du pot », et proposaient vaguement une assemblée ; mais le président de Montholon, lui aussi devenu tout à coup énergique, soutint qu'il ne fallait pas s'en rapporter à une assemblée où l'on ferait triage de gens hostiles à la paix, et que l'on devait passer outre. Alors la Cour rendit un arrêt par lequel elle disait reconnaître Henri IV en toutes les expéditions de justice, mais seulement après un délai de quinze jours*. Le gi^and coup était frappé : la conversion de la Cour était achevéeet olUciellement proclamée. C'était pourtant un aveu d'impuissance plutôt que le regret dupasse: pourquoi, en effet, n'avoir pas reconnu Henri IV dès son abjui*ation? Du reste, le Pai'lement prenait ses précautions, se ménageait une échapi)atoire, ce qui nous prouve bien encore une fois de plus que la conduite de la Cour dijonnaise fut toujours dictée par l'intérêt. En effet ce délai de qiTinze jours lais'-ait le temps au Parlement d'être fixé sur les opérations de guerre qui se préparaient : on ne perdait pas de vue l'armée espagnole de Franche-Comté, qui s'approchait, plus nombreuse que celle que pouvait lui opposer Henri IV, et on se réservait encore à Dijon au cas où le roi de France subirait une défaite ".
Quoiqu'il en soit, le Parlement vaincu, humilié, las de