Reg. du Parlement
4. Arch. mun. de Dijon, B, 9 bis. — Lettre de la municipalité dijonnaise au gouverneur (écrite après le mois de décembre 1589) : « Monseigneur, le désordre continue sy fort en Bourgogne tant par le moyen de nos enncrays et des gens de guerre que du faulx Parlement de Flavigny et autres officiers qui tiennent le party des hérétiques que s'il n'y est bien tost pourveû p;ir voslre prudence il y a danger qu'il ne se voye des choses fort es- Iranges, car le plat pays est ruyné... » La Ville demande au gouverneur
rai, allait jusqu'à défendre aux habitants d'Autun d'élire pour vierg une personne ayant reconnu de t'ait ou de parole les pouvoirs du prétendu Parlement de Flavigny '. Tous les ligueurs, d'une façon générale, considéraient comme une « ineptie n'^ d'accorder le titre de Parlement de Bourgogne à la Cour de Flavigny.
De là à conclure que les Parlementaires dissidents s'étaient eux-mêmes exclus de la Cour et n'existaient plus ès-qualité, il n'y avait qu'un pas ; ce pas fut vite franchi, et les offices vacants par mort se trouvèrent en même temps à la disposition de la Ligue et du roi, qui, l'un et l'autre, en pourvurent des hommes de leur choix. C'est ainsi que le conseiller Pierre Odebert, mort en iSgo, eut deux successeurs : en même temps que Vincent Robelin ' obtenait du roi des lettres de provision de l'état et office d'Odebert, Guillaume Millière " en obtenait de Mayenne le 3o septembre iSgi, et se faisait recevoir au Parlement de Dijon le i5 janvier iSgS. De même, Etienne Bernard, le fameux avocat dijonnais, était reçu le 3o juillet 1694 %
d'envoyer des deniers et des forces ; « d'austre costé ledict prétendu Parlement de Flavigny et aultres officiers hérétiques ont divisé la Bourgogne tellement qu'une partie d'icelle ne recognoist plus le Parlement de Dijon, qui affaibly grandement le parly catholicque : il est doneqs besoing. Monseigneur, de l'aire régner une seulle justice en ce pays, c'est ung monstre dy veoir deux Parlemens tout ainsy que deux testes en ung corps ; vous avez le pouvoir en main pour y pourveoir et déclarer leurs offices vacans, impétrables et les donner à des personnages dignes et cappables par le moyen desquelz la justice rentrera en sa première dignité et splendeur. . . »