‹ Le Parlement et la Ligue en BourgogneChapitre 30 sur 144 · Arch. du greffe, B laoSS, f» 48. — Breunot, II · texte numérisé non relu

Arch. du greffe, B laoSS, f» 48. — Breunot, II

en remplacement de Jean Blondeau, tandis que J. Folin ' était admis, en la même qualité, au Parlement royaliste. Ce ne sont plus ici les attaques franches et ouvertes, c'est plutôt une rivalité d'attitude qui dénote une hostilité plus indirecte, une animosité politique plus sourde, mais non moins vive ; cette rivalité, dont une des principales manifestations est la réception simultanée au Parlement ligueur et au Parlement royaliste de candidats au même siège vacant, éclate encore dans les actes, dans les jugements civils et les arrêts politiques rendus par les deux Cours, enfin jusque dans certaines manœuvres plus ou moins directes pour amoindrir l'importance de la fraction et du parti adverses.

En matière civile, en effet, on en appelait couramment d'une juridiction à la juridiction rivale, et les Parlementaires oubliaient leur devoir de magistrat pour s'abandonner à leur passion politique : « telle cause perdue à Flavigny était quelques jours après gagnée à Dijon * ». Ainsi Salomon Lebelin, avocat à Beaune, ayant perdu à Dijon son procès contre Nicolas Leblanc, interjette appel devant le Parlement royaliste et le jugement rendu à Dijon est cassé à Semur ^ Il en est de même pour les arrêts de nature politique, et en général pour tous les actes des deux Cours : aux délil^érations de Dijon, du 12 août 1589, par lesquelles le Parlement, vu les nécessités et les malheurs présents, décidait de continuer ses séances pendant les vacations, le Parlement de Flavigny répond le 26 août par un arrêt semblable et proroge ses séances jusqu'à la Saint-Martin*. Tandis que la Cour ligueuse défend de reconnaître pour roi Henri de Navarre, de le favoriser et de « lui bailler aide en quelque manière que ce soit, directement ni indirectement, à peine d'être puni

[. Jean Folin : pourvu le 16 août iSgî (Arch. du greffe, B 12086, f° 108). — Reçu le i" décembre iSg'i (Beg. du Parlement, 111, 536).

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