Cf. l'attentat de Chàtel du a; décembre
à ses principes d'obéissance, vérifie les lettres de janvier, ordonnant aux Jésuites, « comme corrupteurs de la jeunesse, perturbateurs du repos public, ennemis du roi et de son Etat », de vider les villes du royaume dans trois jours*. Le nonce du pape, Landriano, étant venu en France porteur d'une bulle d'excommunication, le roi donne ordre, le 4 juillet iSgi, de procéder contre lui : ses Parlements, zélés, lui obéissent, et, le 29 juillet-, le Parlement d'Auxois déclare «quil a été nullement et abusivement fulminé par le pape etMarcille Landriano, son nonce, casse et annule tout ce qui a été fait et pourrait être fait cy-après, en vertu et conséquence desdites bulles, comme nulles et abusives, contre lesdits saints décrets, privilèges et libertez de l'Eglise gallicane », défend aux évêques de publier les bulles et lettres monitoriales de Grégoire XIY, arrête que les copies des bulles seront « bifl'ées et lacérées », et émet un décret de prise de corps contre le nonce Landriano '. Ainsi, la violence des prêtres ligueurs, l'attitude franchement hostile des ordres religieux et des autorités ecclésiastiques, forcèrent le Parlement d'Auxois, comme les autres Parlements du Roi, à intervenir en certains cas contre les prêtres, à tenter de faire respecter par eux l'autorité souveraine ou à sanctionner et faire exécu ter à leur égard la volonté royale.
Tel est le premier aspect du rôle joué par le Parlement d'Auxois en faveur de la cause royaliste : la Cour poursuit infatigablement de ses arrêts tous les ennemis de la royauté légitime Mais ce sont des arrêts, dépourvus pour la plupart de sanction, susceptibles de produire un effet moral, plutôt qu'un résultat piatique. Cet appui en quel-
1. Bib. mun. de Dijon. Ponds Saeerot n" 3, III, f" 198: 16 février. — Arch. du greffe, B 12086, f" 172 : 3 janvier iSijS. — Les Jésuites quitlèrenl Dijon le i3 juin iSgô (Mémoires de Sullot, p. 21). — Cf I'oiksox, Histoire du règne de Henri IV, 1, 63g.
2. Le Parlement de Chàlons rendit son arrêt le lo juin iSgi. — Le Parlement de Tours le 5 août iSgi.
3. Bib. mun. de Dijon, Fonds Saverot n" 3, III, f- 111-112. — La Cuisine, op. cU.f II, aoy. — Mémoires de Sullot, p. 5. — Cf. Pièces justif., n* XX.
-vaque sorte théorique fourni au parti royaliste, ne pouvait suflire. De plus, jusqu'ici, le rôle du Parlement n'est guère que négatif: il s'occupe de réduire les forces de l'adversaire, sans augmenter celles de son propre parti.
Or, il existe un côté plus positif et plus pratique de son œuvre. La Cour, en eflct, s'est mêlée aux aflaires militaires de la province, a participé au rôle actif des gentilshommes et des trou})es.
A cet égard, ses soins s'appliquèrent aussi bien à l'offensive qu'à la défensive : fortiQcations et défenses des places royalistes, surprise et occupation des villes de l'Union furent l'objet des préoccupations des magistrats ; leur bras et leur argent furent mis à la disposition du parti. Flavigny dut, dès le début, être fortifié : sur l'ordre du Parlement, les habitants des maisons joignant les murailles, durent « remplir de teri^e et faire des contremurs es caves, selliers et étableries, affrontants et joignants esdites murailles et tranchées d'icelles, à ce que facillement l'on puisse aller et venir par dessus pour faire la ronde et tour de ladite ville ' ». Des précautions sont prises, en outre, pour assurer la garde de la ville : les habitants, chacun à leur tour, doivent faire le « guet et garde » de la ville, depuis la fermeture des portes jusqu'à minuit. Ces mesures étaient d'autant plus nécessaires et devaient être d'autant mieux exécutées, que la faiblesse du parti royaliste à cette époque et la présence à Flavigny des magistrats dissidents semblaient offrir aux ligueurs une bonne occasion de satisfaire leur rancune et d'anéantir le parti royaliste naissant. Des mesures semblables furent prises aussi pour la conservation de Semur et par suite pour la sécurité du Parlement d'Auxois : dès lôgi, la Mairie recevait de Crespy l'ordre de réparer l'artillerie du château de Semur - ; mais l'arrivée du Parlement à Semur, le 20 avril
1. Bib. mun. de Dijon, Fonds Saverot n" 3, III, f»5i. — Cf. Pièces jiistif., n«XI.