Breunot, II, ^j^-jô
tains d'entre eux coopérer au paiement de la somme promise à Lartusie. D'autres occasions se présentèrent aux Parlementaires de manifester dune façon analogue leur zèle royaliste : le président de Crespy participa, pour vinfft mille écus, solidairement avec le sénéchal de Lyon, sieur de Bothéon, au paiement de la rançon du maréchal d'Ornano, prisonnier de Claude de BeaufTremont, baron de Sennecey'. Pour « soudoyer les troupes royalistes et gagner au roi des partisans », Fremyot dépensa, dit-on 2, cent mille écus ; le chiffre est sans doute exagéré, mais son rôle fut certainement très actif: une obligation de trois mille écus est contractée par lui « pour faciliter la réduction du sieur viconte de Tavannes et du fort de Talant ' », et dix mille écus lui sont remboursés par le roi en 1699 *.
Un appui moral était fourni à la cause du roi, une aide effective était donnée au parti : rien n'était donc négligé. Mais si le Parlement, en corps et dans ses membres, luttait, prenait une part active, prépondérante même à la lutte des royalistes de Bourgogne contre la Ligue, son rôle politique finissait-il là ? Etait-ce suffisant pour assurer le succès du parti ?
La Cour ne pouvait et ne devait borner à ce point son rôle.
En effet, par la concentration en Auxois de toutes les forces vives du parti royaliste, il existait une Bourgogne royaliste, dont le Parlement était l'un des organes administratifs. 11 avait sur elle lu souveraineté en matière de justice ; exercer cette souveraineté était son rôle primordial. Mais il fut pendant un certain temps le seul corps constitué de la Bourgogne royaliste ; par là il fut amené à en assurer d'une façon générale la bonne organisation et l'administration pour ainsi dire intégrale. Lorsqu'il se
I. N. Valois. Inventaire des arrrts du Conseil d'Elat, 1, 365 : arrêt du 10 septembre 1699 — Voy. la Correspondance, II, préface, p. lvi. a. CoiRTKi'KK, Essai sur la Ligue, p. 10.
3. N. Valois, Inventaire des arrêts du Conseil d'Etat. I, 280 .'8 janvier iSgS.
4. N. Valois, Inventaire des arrêts du Conseil d'Etat, l, 3;;a : 9 nov. iSgg.
fut formé à ses côlrs d'autres pouvoirs', la sajjesso et les capacités de ses nieuihres les (irenl appeler au conseil et résoudre des questions administratives. Aussi devonsnous encore considérer le rôle politique de la Cour d'Auxois sous ce troisième aspect : sa participation à l'administration de la province royaliste.
Cette participation mit nécessairement les magistrats en rapport avec les Elus royalistes, et des relations assez étroites s'établirent entre eux-. Si des membres délégués de la Cour n'assistent pas à toutes les délibérations de la Chaml)re des Elus, comme les députés de la Chambre des Comptes royaliste *, il n'en est pas moins vrai que toutes les assemblées extraordinaires tenues soit à Flavigny soit à Semur, comptent des membres du Parlement délégués par lui. Fremyot préside, en compagnie de ïavanes, l'assemblée des Etats de mai 1590'; Fremyot, de Crespy, Briet, assistent à l'assemblée faite à Semur le ai octobre iSgo avec un nombre respectable de gentilshommes, en prévision de l'arrivée du maréchal D'Aumont'; or, au