‹ Le Parlement et la Ligue en BourgogneChapitre 66 sur 144 · Arch. dép. de la Côte-d' Or, C3o-o, f 3i v · texte numérisé non relu

Arch. dép. de la Côte-d' Or, C3o-o, f 3i v

5. Arch. dép. de la Càte-d'Or, C 3o;o, f" 61. — Cf. Rott, op. cit.. II, 453 : deux auditeurs aux Comptes, Chrétien Margeret et Martin Tisserand avaient, l'un d'octobre lôiyj à Juin i5gi, l'autre d'octobre i5i)o à juillet iSgi, été employés à négocier en Suisse un emprunt de 25 à 3o 000 écus, et un achat de poudre, armes, etc. Ils avaient été révoqués au début de mai 1691 (Rott, op. cit., II, 565-66).

eux confié à Mochet, et s'étaient déclarés même, à défaut du contrat, prêts à rompre l'alliance qui les liait au roi. Le contrat est agréé, signé par les personnes présentes ', et homologué par la Cour -. Mochet retourne en Suisse et continue la négociation'.

Si des magistrats, des gens de robe s'entremettaient pour la conclusion des emprunts, la Cour elle-même, à la requête des Elus, faisait la police des finances, veillait à maintenir les Elus dans leurs monopole et privilèges. La Cour, le 5 juin 1590, fait droit aux demandes du syndic Legros et oi'donne aux gentilshommes de prêter mainforte aux receveurs pour faciliter le recouvrement des deniers imposés, défendant expressément à tous de lever des impôts en vertu de commissions particulières ou de commissions émanées de soi-disant Elus des Etats*. Mais les infractions aux arrêts du Parlement sont continuelles et sans cesse des plaintes parviennent aux Elus contre des capitaines ou des gouverneurs qui s'avisent de lever nouvelles impositions du chef de leur autorité privée \ Guillaume de Tavanes lui-même donnait le bon exemple et levait, pour son propre compte, des impôts sur le pays^. Les difficultés de toutes soi'tes que rencontrait le parti roj^aliste pour se procurer des ressources, et le désordre des finances suggérèrent à Tavanes et à Crespy, en particulier, une idée assez originale, celle d'un impôt unique levé sur toute la Bourgogne et partagé ensuite équitable-

1. Quelques personnes refusèrent de signer, entre autres le sieur de « Janlys », le sieur de Uracj', Béringuei, a\ocat, et J.-B. Richard (Arcti. dép de la Côte-d'Or, C 3o:o, f» 83).

2. Homologation : Arch. dcp. de la Côte-d'Or, C So^o, f»» 82-84 v% 85 r» et v«.

3. Il revient rendre compte le 17 septembre i5()3 (Arch. dép. de la Côted'Or, C3o:o, f" 182).

4. Bih. mun. de Dijon, Fonds Saverot n° 3, III, f- 6t. — Arch. dép. de la Càte-d'Or. C 3070, (» 27 v°. — Nouvel arrêt le 12 décembre i5ij2 : Fonds Saverot n" 3, III, 128. — Id., le 6 février 1594 : Reg. du Parlement, III, 538. — Déjà le 28 août i58o {Fonds Saverot n" 3, III, 37.

5. Arch. dép. de la (^ote-d'Or, C 3070, f'» 5i v°, C2 y, 68 v, 69,70, 76, 114, 244, 258, 262.

6. Arch. dép. de la Côte-d'Or, C 3070, f" 86 : 4 janvier iSga.

ment entre le parti royaliste et le parti Hj-ueur. Les premières ollres au sujet de la combinaison furent faites à la conférence de Couchey, mais aucun accord ne fut conclu, les ligueurs ne voulant accorder au parti royaliste que le tiers des sommes levées', tandis que les royalistes en réclamaient la moitié. Des concessions furent faites, il est vrai, par ceux-ci, en i594 : ils ne demandèrent plus que les 3/;; de l'impôt 2. Les négociations reprirent alors entre Crespy et le président Jeannin. Une lettre reçue, le 14 mars, de Jeannin, « cy-devant président en parlement, chef du conseil des ennemys rebelles », proposait Saint- Seine ou Chanceaux pour lieu de conférence : trois royalistes seraient députés 3. Le Parlement d'Auxois, à qui on avait demandé son avis, ne trouva bonne la conférence et refusa de déléguer un de ses membres. Crespy dut rompre les négociations*. L'entente échouait donc par la mauvaise volonté de la Cour.

Toutes les questions financières furent, comme on le voit, l'objet des soins du Parlement d'Auxois et des Parlementaires, et son ingérence en ces matières fut telle, en 1689 surtout, quand seul il existait comme organe administratif, que le marquis de Mirebeau, Brion, se vit obligé de se plaindre à D'Aumont de la conduite de «. MM. du Parlement de Bourgogne séant à Flavigny qui distribuent les finances du Roi comme il leur plaît », sans le secourir d'aucun denier \ Brion avait, en effet, demandé des secours en argent au Parlement pour continuer la guerre et n'avait obtenu des magistrats " qu'un refus motivé sur l'extrême pauvreté de la province et la difliculté de se procurer de l'argent'. I^a colère du marquis de Mirebeau

I. Arch. ih'-p. de la Côte-iVOr, C 3o:o, f« i85. Q. Arch. dêp. de la Cote-d'Or, C 3i);o, f' 204.

3. Arch. dt'p. de la Càtc-d'Or, C 3070, f» aoy. — Breunut, II, 58.

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