‹ Le Parlement et la Ligue en BourgogneChapitre 68 sur 144 · Reg. du Parlement, III, 624 : 27 juillet i5i · texte numérisé non relu

Reg. du Parlement, III, 624 : 27 juillet i5i

3. Areh. dép. de la (.'ôte-d'Or. C 3ojo, f" 110 : 15 juin 1592.

4. lieg. du l'arlenient, III, 534 • '4 juillet 1593. (Cf. aussi Bib. Xat., Fonds Français 3646, 1° loa. — Pièces justij.. n» xxvii).

que ces dissensions continuelles, car le manque d'unité et de plan d'ensemble dans la conduite de la guerre paralysait les forces l'oyalistes. Dans ces conditions, il devenait dilTicile au Parlement de prendre part à la direction des affaires militaires : très marqué pourtant est son souci de procurer à la province des secours étrangers, de demander pour elle l'appui des pays voisins ; ses démarches en ce sens sont particulièrement nombreuses auprès du duc de Xevers. Le 21 avril iSqS, le Parlement supplie le duc de « faire en sorte que la Bourgogne soit assistée et secourue... comme la Champagne* ». C'est au duc de Nevers que semble encore s'en remettre le président Fremyot du salut de la province, après ses vaines tentatives pour obtenir du roi une promesse de secours et l'envoi en Bourgogne du comte de Saint-Pol -. Le 12 juin, le Parlement renouvelle ses prières et appelle à nouveau le duc qui, par sa présence, « dissiperait » aisément tous les mauvais desseins des ennemis'. Il n'est pas interdit de penser, d'autre part, que les magistrats (Fremyot ou Briet principalement, fréquemment appelés au conseil du comte de Tavanes) aient pu donner sur tous les détails de la situation militaire de bons et sages avis *. Le rôle des magistrats dans la conclusion des trêves est plus facile à saisir : en pareil cas, l'avis de la Cour est toujours demandé, et, d'une façon générale, il est favorable ' ; on voit

1. Bib. Nat., Fonds Français 3646, f° 99. — Voy. le détail des demandes que la Bourgogne adressait au duc de Nevers aux Arch. dép. de la CotedOr, C 3o:o, f» 166, ou fiib. Xat.. Fonds Français 3646, f° iSa.

2. Bib. Nat., Fonds Français 3646, T" iio. Cf. Pièces jnstif., n° xxvi.

3. Bib. Nat., Fonds Français 3646, f» loa. Cf. Pièces jnstif ., w" xxvii.

4. Voy. par exemple Mérn. de Tai'annes, liv IV, t. VIII, p. 48;. — La Cour d'ailleurs s'occupait de la police de la guerre, en même temps que de la police des finances, et veillait à ce que, sous couleur de guerre, des gens plus ou moins respectables ne commissent des brigandages et des voleries aux dépens du pauvre peuple : en i594, instruit de la prise de la garnison d'Avallon, le Parlement diargca l'avocat général d'avertir le sire de Rocheforl de faire garder le sire de la Molte-Ternanl et le capitaine Gouville. l)o.M Pi,.\NCMKK, op. cit., IV, 618.

5. Arch. dcp. de la Càte-d'Or, G 3o;o, f° ijo t» : 26 mai iSgî.

même les magistrats s'employer aux négociations, en particulier à Gouchey et à Màlain '.

Cette intervention, quelquefois heureuse, du Parlement d'Auxois dans la direction générale des affaires du parti, qu'il s'agît des finances ou de la guerre, n'a pas été moins utile au triomphe définitif de la cause royaliste que sa lutte plus directe contre lu Ligue, ou son aide plus positive fournie à la royauté. Egale nous semble la valeur des trois asj)ects sous lesquels nous avons dû envisager son action politique.

Quoi qu'il en soit, l'importance même de son rôle, capital pour le succès de la cause du roi, attira à ses membres des attaques, des ennuis de toutes sortes. Leur situation politique exposait naturellement les magistrats à toutes les violences des ligueurs. L'esprit du temps même, cet esprit de rébellion et de division, faisait son œuvre à l'égard de la Cour ou dans son sein même. En un mot, si le Parlement jouait un rôle dans la politique, la politique, à son tour, réagissait sur lui, et l'appui qu'il donna à la cause ro3'aliste lui valut ele nombreuses vexations.

Dès leur départ de Dijon, les magistrats sont attaqués dans leurs alTections comme dans leurs biens : leurs femmes, demeurées à Dijon, sont emprisonnées, et malgré leur position (plusieurs étaient enceintes), gardées étroitement'; leur mise en liberté n'est accordée par la municipalité que moyennant paiement des fortes sommes auxquelles leurs maris avaient été imposés comme absents'. Leurs maisons sont louées ou occupées par des

T. Crespy à Gouchey : '3o août 1.593 (Biuunot, I, 36;-37i). — Frcinyot à Màlain : janvier i-^gS (Breunot, II, 421-4^". — Pkpix, p. iig).

2. Arch. mtin. de Dijon, B 226, l" 201, 234, 235, 238, 240, 242, 245, 249 v% 2M) v, 253, 254. — B 227, f- 32 v.

De plus, en juillet 1089, la conseillère Fyot, femme de Fyot puîné, est emprisonnée pour avoir fait confectionner des assiettes pour envoyer à Vau>frcnant (B 22;, f" 4>5-4,S v). En juillet 1692, nouvelle prise de corps est décernée contre elle (B 23o, f" 64).

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