‹ Le Parlement et la Ligue en BourgogneChapitre 75 sur 144 · Reg. du Parlement, III, 291 : 5 sept. lôSy · texte numérisé non relu

Reg. du Parlement, III, 291 : 5 sept. lôSy

4. En vertu des lettres patentes du 3o déc. loSg {Arch. du greffe, B i2o85, f" 17 y), et en vertu des lettres de Charles de Bourbon du 3 févr. iSyo (Arch. mun. de Dijon, B 9 bis).

tialive : plus de mesures complémentaires, ni d'intrusion du Parlement dans la vente elle-même; c'est la municipalité dijonnaise, trop heureuse de ces poursuites, qui assume la tâche d'exécuter les ordres de Mayenne, si conformes à ses propres sentiments. Et lorsque, par hasard, le Parlement rend un arrêt contre les royalistes, c'est encore sur la requête expresse de la Chambre de Ville : tel est le cas de l'ari-êt du 23 mars logr, interdisant à tous de battre monnaie, et visant ainsi tout particulièrement Vaugrenant qui battait monnaie à Saint-Jean-de-Losne pour le roi '.

Si nous poursuivons le parallèle entre l'action des deux Goui's rivales, nous constatons que la lutte contre les autorités ecclésiastiques n'avait, à Dijon, aucune raison d'être, car l'Eglise soutenait le parti ligueur et les prêtres catholiques défendaient à lenvi la cause de l'Union. Pourtant, Dijon dépendait de l'évêché de Langres, dont l'évêque, D'Escars, avait ouvertement pris parti pour la royauté contre la Ligue. Une contestation alluma la gueri'e entre lui et le Parlement dijonnais : à une demande faite par Dijon à son évêque de nommer un vicaire général, D'Escars répondit par un refus catégorique. Nous n'avons pas à rechercher les raisons qui ont pu déterminer cette décision ; mais le Parlement de Dijon fut piqué : la colère provoquée par ce refus lui fit rendre un arrêt ordonnant impérativement à l'évêque d'accéder à la demande des Dijonnais et de nommer un vicaire dans un délai de quinze jours ; en cas de nouveau refus, la Cour le prévenait qu'elle même, nonobstant les pouvoirs de l'évêque, nommerait un vicaire". La querelle s'envenimait : tout était bon aux ligueurs, défenseurs de la religion catholique, pour amoindrir l'autorité ou la dignité du parti adverse, fût-ce même aux dépens dun prélat.

1. Arch. mun. de Dijon, B 228, f» 181 v». — Mailly, op. cit.. p. 3<j. — Voy. aussi l'arrêt du 21 août i.tqi (Hesf. du Parlement, III, 3;ij).

a. La Cuisine, op. cit., II, 189 : 28 janvier iSgi. — Beg. du Parlement, III,

D'escars refusa de se plier aux exigences de la Cour, et le Parlement, le i5 février, exécutant s(>s menaces, nomma vicaire général un de ses membres, Claude l'éto. conseiller-clei'c au Parlement'. Un bref du pape Clément VIII donné le i3 avril 159*2- vint confirmer les pouvoirs attribués par la Cour à Claude Péto. Ainsi, le pape lui-même soutenait les pouvoirs civils contre un dignitaire de l'Eglise. C'était une satisftiction donnée à la colère de parti qui avait armé le Parlement dijonnais contre l'évêque royaliste. L'avantage politique et l'intérêt propre de l'Union, qui avaient poussé la Cour, étaient pour le pape lui-même supérieurs aux droits de l'évêque.

Cet acte d'audace du Parlement, d'ailleurs couronné de succès, est le seul fait important de sa lutte presque exclusivement morale contre le parti royaliste. On le voit, cette lutte fut. dans l'ensemble, assez molle : supplanté ou dirigé par le Conseil et la municipalité, le Parlement ne multiplia pas ses efforts pour le soutien de la cause ligueuse.

La coopération à la guerre même fut-elle plus active? La Cour mit-elle avec plus d'empressement la vie ou la fortune de ses membres à la disposition de la Ligue? Certes, il semble ici que le rôle du Parlement fut plus considérable ; mais la froideur des magistrats est encore singulière. Ce n'est plus l'activité bouillante des Fremyot ou des Cres[)y. Du côté ligueur, on ne voit })oint de Parlementaires quitter la robe pour l'épée ou se mêler à des négociations délicates pour obtenir la reddition des places. L'ardeur est moindre et même la mauvaise volonté se fait souvent sentir. Les magisti'ats assistèrent pourtant sans trop se faire prier à la garde de la ville, à laquelle ils étaient astreints comme les autres Dijonnais-* : mais lors-

Page 1